Chère L,
Juin, c'est le mois tranquille. C'est toujours comme ça depuis que je peux m'en souvenir.
Il s'agit des vacances, de la fin de la première moitié de l'année, de la mi-temps du long voyage à travers de l'année. Il s'agit aussi de l'été, mais ça n'avait jamais été ce qu'on attend chez moi. C'est jamais notre truc, comme tu le sais. Quand même, c'est le mois tranquille, où le soleil brille (eh ben chez moi le soleil brille - souvent férocement - tous les jours ...), le ciel bleu s'éclaire, la chaleur envahit l'esprit, tout comme la paresse, et puis, le monde se ralentit et se met à rien faire.
C'est ce qu'on mérite, n'est-ce pas ? Après avoir traverser un long semestre, faut qu'on laisse les complexes et ne se préoccupe que des simples.
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Il est drôle que même si j'avais parfaitement le droit de ne rien faire ... imagine, des heures pour ne rien faire, la paresse à savourer sans culpabilité ... même si je disposais enfin du temps libre, grâce aux vacances, je chercherais tout de même à m'occuper des travaux. Ce besoin de devoir faire quelque chose, de ne pas vouloir me détendre, il m'arrive assez souvent pendant les vacances. J'ai aucune idée quand il est devenu comme ça, mais voilà ...
J'ai effectivement pas envie de ne rien faire. Quand j'étais au lycée il s'agit surtout d'étudier et de faire les révisions pour les sujets que les profs n'avaient pas encore couverts. J'avais tant de peur, tant de paranoïa, de ne pas être prêt pour les examens (j'en ai encore, honnêtement). À un moment donné, ce motif d'étudier même aux vacances est devenu plus ou moins un réflexe. Étudier est devenu, de façon plutôt ironique, un moment de loisir. Je regrette rien, avec le recul, je regrette vraiment rien. Mais j'admets que j'aurais pu avoir de meilleures façon de m'amuser bien. Eh bien, bref ... c'est pourquoi je préferais continuer à étudier, alors que le reste du monde se repose pertinnement.
(Sur le site web de Pottermore, le Choixpeau m'a envoyé à Serdaigle. J'avoue être fier d'y appartenir. Un choix judicieux, tu penses pas ? Peut-être un peu trop judicieux ...)
Ben, ça, c'était le passé ; j'ai encore la même crainte bien sûr, mais heureusement dans une moindre mesure. J'ai quitté le lycée et le système.
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Aujourd'hui, cette agitation par ce desir de ne rien faire, c'est plutôt à cause des options, de l'indécision. Ça, c'est bien plus marqué quand on a grandit, quand on doit enfin quitter la maison pour vivre seul, et je le ressens presque chaque jour. On n'a que 24 heures par jour - dont un tiers est consacré au sommeil (toutefois du temps bien utilisé). Puis quand on a fait tout ce qu'il faut faire - se nourrir, se laver, des travaux par-ci par-là, il nous reste pas beaucoup de temps.
Franchement, il y a tant de livres à lire, tant de langues à apprendre, tant de miles à courir. Tant de choses que je pourrais enfin prendre le temps de déguster, d'apprécier lentement et pleinement (c'est-à-dire aussi, efficacement). Mais, par où commencer ? Moi, j'suis confronté par l'embarras du choix. À vrai dire, je veux pas ne rien faire, j'ai pas être paresseux. Il y a tant de choses à faire, tant de choses que je n'aurais jamais pu autrement faire. C'est effectivement difficile de décider.
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L, le temps dont on dispose est limité, après tout, et surtout pendant les vacances. Si on ne prend pas la bonne décision sur ce qu'on va faire, sans doute que c'est du temps perdu. Lire, s'entraîner, travailler au museum, c'est de trouver ce qui donne un sens à la vie. C'est de s'embarquer à la recherche de la connaissance. Et donc ... pourquoi ai-je tellement de peine à passer le temps pendant le vacances, pendant le beau mois de juin.
L, pourquoi je peux pas tout simplement me détendre avec le temps libre ? Après tout, j'avais pas pu le fait adéquatement, jour après jour, pendant le semestre.
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