Wednesday, May 31, 2017

N°9 : Il faut les chérir tant qu'on peut

Chère L,

Quand on est loin de sa famille, sans pouvoir rentrer ni rapidement ni à bon marché, on ne peut pas s'empêcher de penser plus à eux tous les jours. Je parle pas d'avoir le mal du pays - quand on quitte le nid depuis des années, ce n'est en général plus un problème, puisqu'on s'y habitue après quelques temps. Plutôt, je parle du sentiment d'être aimé, qui se manifeste plus quand on est loin de la famille, que tous les jours on prend toujours un petit peu du temps pour réfléchir au fait qu'on a toujours la famille. Et on l'appelle aussi souvent que possible, car c'est ce qu'il faut. Bien sûr, c'est grâce à la technologie que je peux parler à ma famille tous les jours. Je peux pas imaginer comment ça irait si c'était il y a dix ou vingt ans. Maman m'a même dit un jour que chez nous il semblait que j'avais jamais quitté, puisque je les appelle tous les jours. C'est vrai ; je te mens pas.

Cela me touche beaucoup de savoir qu'il y a ceux qui m'aiment tellement, ceux qui sont toujours fiers de moi, ceux qui se soucient de moi, peu importe les circonstances. Franchement, on n'a qu'une famille ; il faut la chérir tant qu'on peut. Avoir une famille, c'est l'un des dons le plus importants de la vie.

Chez nous, je pense en général qu'on est pas une famille très expréssive, surtout de vive voix. Normalement, je trouve un peu difficile de dire, par exemple, « je vous aime » à eux. Plus difficile qu'il devrait l'être, ce qui est un peu bizarre, j'avoue. Bien sûr qu'on pourrait quand même être expréssif, mais on a tendance de sauvegarder les émotions pour les évènements extraordinare, comme par exemple quand je partais aux EU pour la première fois il y a 3 ans. À ce moment-là, évidemment, le sentiment de séparation a suscité en nous beaucoup d'émotions. Mais par ailleurs, on est pas très expréssive l'un envers l'autre.

L, je te dis tout ça, c'est parce qu'aujourd'hui c'est l'anniv de mon papa. C'est pour moi toujours un jour un peu drôle, car il est presque comme les autres, même si on devrait le trouver spécial. Aujourd'hui, sans doute qu'il s'élève tôt, puis il sort courir, puis il prend le petit-déjeuner, il revient, il se repose un peu, en bavardant un peu avec maman, ou il regarde la télé. Après ça il prend le déjeuner, avant de sortir pour le travail. Papa est homme assez pratique à cet égard. Je crois que c'est parce que son éducation, sans doute qui est façonnée par une période de pauvreté. Même à l'anniv, la vie continue effectivement tout comme d'habitude, car il nous reste toujours des choses plus importantes à s'en préoccuper.

Du coups, c'est comme si ça ne vaut pas la peine de dire quelque chose de particulièrement affective, car ça va semble un peu vide, quels que soit les mots. J'ai pas de bonnes explications. C'est peut-être une attitude orientale, qu'on ne laisse pas souvent libre cours aux émotions fortes, qu'on les garde assez proche au cœur. Ou bien, c'est peut-être parce qu'on trouve l'expressions d'affection franches peu importantes. Peut-être que toutes les expressions sont d'une manière inutile, si on ne fait pas d'action qui les justifie. Mieux démontrer l'amour par de petits actions jour après jour que par du langage fleuri.

Mais bien sûr que je l'ai déjà appelé, je l'ai déjà souhaité un bon anniv. Il m'a demandé, comme d'habitude, si je vais bien, si j'ai déjà mangé, si les travaux se sont bien passés. Et puis on s'est dit « à plus », et on s'est raccroché. Je trouvais encore difficile de lui dire quelque chose d'affectif. J'ai vraiment pas de bonne explication. Mais, l'important, c'est que je peux le téléfoner et parler avec lui. Je l'aime tout de même, comme j'aime le reste de ma famille, même si je n'ai pas de beaux mots.

Je sais jamais quoi donner aux parents comme cadeau. Rien ne semble jamais suffisant. Pourtant papa et maman m'ont déjà expliqué que, la chose le plus important qu'ils me demandent, c'est d'être heureux et en bonne santé. Et puisque j'suis tellement loin d'eux, il faut naturellement que je continue à leur téléphoner, aussi souvent que possible, afin de leur donner un sourire, de leur dire que je vais bien, de faire savoir à eux que je les tiens à cœur. C'est ce qu'il s'impose, je pense. Le reste, c'est secondaire. Alors, c'est ça que je dois faire.

L, on n'a qu'une famille. Il faut toujours la chérir bien

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Tuesday, May 30, 2017

N°8 : Agir, c'est le meilleur remède

Chère L,

Parfois, je pense qu'on est trop exigeant envers soi-même.

Et je m'en ressens toujours, même à ce stade de ma vie. Et bien, je dis pas qu'il est nécessaire qu'on ne soit plus exigeant envers soi au début de sa vingtaine. Il est toujours bon de se motiver vers un but, un objectif. Mais là je souligne le mot « trop ». Quand on fait trop de quelque chose, ça signifie que c'est déjà excessive, exagéré, au-delà de ce qui est suffisant.

Pourquoi on se demande trop ? J'ai pas d'explication. Mais ça arrive vraiment. Et ça arrive plus souvent que j'aimerais, ce sentiment, ce petit diable de l'esprit. On dirait que c'est du perfectionnisme. Je rajouterais peut-être que c'est du perfectionnisme pathologique. Même s'il y a seulement un petit recul, le petit diable va se mettre à se moquer de moi. Ce que je trouve pire, c'est que la voix que ce petit diable emploie se révèle toujours moins féroce que j'attends. En fait ça devient plus comme si me juger, en silence, et un peu déçue.  « T'aurais dû faire mieux » C'est ce qu'elle me dire si je gâche quelque chose, même si un petit peu.

Pourquoi je me demande trop ? J'avoue n'avoir aucune idée. Quand les choses ne se passent pas bien, il commence, le petit diable, à me juger. J'ai appris qu'en fait il ne vient qu'aux occasions où je gâche quelque chose auxquelle je m'intéresse bien. C'est pourquoi j'entends la voix qui me dit « t'aurais dû faire mieux ». C'est comme un sens de devoir de donner le maximum. Seul le maximum peut justifier et prouver mes vraies capabilités, sinon, on va me trouver inepte. Voilà cette l'idée intolérable qui renforce le vigueur de la voix du petit diable dans la tête.

Et enfin c'est nul. Pour la plupart il s'agit tout simplement de fausse bravade. Pour la plupart ça ne vaut pas la peine d'avoir du souci. Et donc j'ai tendence de garder le silence au sujet de ce petit diable, car on voudrait pas probablement l'entendre tous les jours. En plus, je sais pas si les autres pourraient m'aider même s'ils voulaient bien. Alors, parfois, mieux qu'on se tait et se met à agir. Agir, c'est le meilleur remède.

Je me demande si c'est mes antécédents. Une culture qui favorise une peur constante de l'échec ? L, je suppose que t'avais grandit dans un milieu assez différent que le mien. Ou bien pas. Je ne sais pas encore. Et je me demande si tu m'as compris sur ça. Je parle d'un monde où on trouve jamais la joie de l'apprentissage, mais par ironie tout le monde ne se mettre qu'à « l'apprentissage ». Je parle d'un monde où les examens se trouve au centre de l'objectif ultime des étudiants, ce n'est effectivement que le seul but de chacun ; mais quand on regarde au-delà des examens, souvent on trouve quand même les incertitudes. Quelles sont les aspirations ? Quels sont les rêves ? Quels sont les buts ultimes dans la vie ? Pour la plupart, ces questions n'avaient jamais aucune réponse. Y avait un temps où j'étais bien conscient d'être piégé au milieu de cette folie confuse, mais je n'avais pas de courage d'en sortir. Est-ce que j'ai acquis, désormais, la voix qui me dit de temps en temps : « t'aurais dû faire mieux » ?

L, je vais m'arrêter là, car je n'ai pas totalement envie d'y réfléchir plus, car y réfléchir, c'est seulement de gémir. Plutôt, j'ai envie d'écrire, à toi, car agir, c'est vraiment le meilleur remède. Les mots vont affaiblir les chagrins, comme d'habitude, j'en suis sûr.

En fait, j'ai envie d'une tasse de thé à la chamomile, et de son effet apaisant.

L, cela me donnera du beau sommeil, j'en suis sûr.

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Monday, May 29, 2017

N°7 : Une écriture en solitude

Chère L,

Tu penses que c'est un problème d'avoir un penchant pour la solitude ?

Moi, je dis toujours aux gens que je ne souffre pas d'isolement, bien que je sois souvent isolé. C'est toujours l'expliquation que je donne aux ceux qui me demandent pourquoi je sors presque jamais pour rencontrer des amis et m'amuser avec eux. Tout d'abord, revenons en arrière ... c'est pas vrai que je rencontre jamais des amis. Je les rencontre quand je vais tous les jours en cours ; là on a toujours la chance de faire une petite conversation juste avant ou après les cours. Et de plus il y a les périodes de labo - pour moi il y en a toujours beaucoup à chaque semestre - pendant lesquelles on pourrait bavarder plus, tant qu'on n'ignore pas faire les travaux sérieux. Au cours du semestre c'est effectivement pour moi la meilleure façon de rencontrer des amis regulièrement, car tout le monde a toujours des horaires bien chargés.

Soyons réaliste, après la classe, il nous reste toujours des choses dont on doit se préoccuper : les devoirs à faire (naturellement), la vaisselle à laver, les emails à répondre, la famille à appeler, et bien sûr, surtout - comme je dis aux amis - se nourrir (et oui, chez nous, on mange pas, on se nourrit !). Les petites choses bien sûr, mais elles font quand même beaucoup de minutes en fin de compte. Après tout ça, je préfèrerais garder le reste de la semaine pour moi. Toutefois j'aimerais bien sortir faire un petit peu d'observation des oiseaux avec des copains. Franchement, si c'était tout ce que je dois faire, j'aurais gardé moins férocement mes temps libres, mais malheureusement non.

L, je pense que c'est une bénédiction de pouvoir être en paix avec soi-même et d'avoir le loisir de se mettre à l'écart des folies de la réalité, même provisoirement. La vie devient bonne, quand on s'autorise de retrouver du bonheur dans les activités qui se plaisent. Je raisonne toujours comme ça et je me crois encore avoir raison.

J'imagine que tu seras d'accord aussi. Toi, tu aimes aussi lire. En fait je t'envie vraiment d'avoir eu du temps pour emprunter et puis finir des romans de la bibliothèque pendant le semestre. L'autre jour on rentrait ensemble de l'école à pieds et tu me parlais d'avoir emprunté un roman de Murakami - mais j'avoue avoir oublié lequel - et je me rappelle d'avoir vu en toi les yeux s'allumaient. Lire, c'est de la vraie jouissance, tu me disais que le meilleur plaisir provient de pouvoir vivre un monde construit tout entièrement par des mots, de pouvoir s'échapper de la réalité. En fait, tu me disais de plus, il s'agit non seulement d'un monde construit par des mots de l'auteur, mais aussi notre propre imagination. C'est les mots de l'auteur qui créent la structure de base du monde, mais c'est notre imagination qui lui rend riche et vif. Ouias, j'étais d'accord; je suis encore d'accord .

En effet c'est une vraie bénédiction de pouvoir laisser la banalité quotidienne de côté et consacrer chaque minute aux moments de loisir, par exemple, s'adonner à la lecture d'un bon roman et le monde fictif dans les pages, parmi les mots, et ne se préoccuper qu'avec ce qui se passe dedans. J'ai vraiment un penchant pour la solitude, et ça me fait inquiéter un peu, pas trop, juste un peu.

L, tu penses que c'est un problème d'avoir un penchant pour la solitude ? Si on aime trop être seul, on s'habitue à la solitude. Il est donc possible qu'à un moment ou un autre, on ne sache plus partager sa vie avec un(e) autre. Et si j'étais franche, j'admettrais que ça pourrait un jour être un problème.

Mais peut-être, il me faut pas trop réfléchir ... pour l'instant j'ai toujours du temps ... pas vrai ?

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Sunday, May 28, 2017

N°6 : Désolé, je dois parler du foot

Chère L,

Je parle pas souvent du foot avec mes amis. Pareil pour toi. Quelque part, je pense pas que la plupart de mes amis aux EU s'y intéressent. En fait ils semblent s'intéresser à aucun sport. On dirait que c'est Berkeley - on a mieux à faire que suivre les équipes sportives. Mais non, désolé, il faut pas stéreotyper ...

J'avoue que d'abord j'étais plutôt réticent de regarder le match. Avant cette finale de la coupe, en face de la championne de la ligue et affaiblie par des blessures, elle était outsider. Mon équipe (ben oui, je sais , c'est pas *mon* équipe ... tu sais ce que je veux dire ...) a eu une saison assez pitoyable, soyons réaliste. J'avoue que je la faisait pas beaucoup de confiance à cause de ça. Et donc, j'étais très très réticent de regarder le match, de peur de souffrir de chagrin et de déceptions.

Pourtant, j'ai cédé enfin à la passion du jeu. Il fallait croire à l'équipe, même si elle n'avait pas à son meilleur niveau. C'est le moins que je puisse faire en tant que supporteur. Jamais je ne me suis senti autant de tension quand je regardais un match. Jamais les enjeux n'ont été autant élevés. Les jouers et l'entraîneur ont subit beaucoup de critiques et, pire, d'hostilités; ils ne se sont pas montrés à la hauteur des attentes. Du coup, il deviendrait presque essentiel qu'ils gagnent.

Cependant, au démarrage, je me suis calmé un peu, car mon équipe a inscrit le premier but à 5ème minute. En fait, c'était sans doute leur meilleure performance de la saison, alors je me suis dit en silence, je serai content tant qu'ils montrent une performance excéllente. Quant au résultat, il faudrait juste un peu de la chance. C'était un match véritablement incroyable et plein d'action. C'était aussi un match très fermé et plain de tension. Mon équipe le trouvait très difficile de marquer un autre but pour porter le coup fatal. J'avais tellement mal au ventre à mi-parcours du match ; cela ne s'est jamais produit auparavant. Et puis, 79ème minute, une belle passe du milieu de terrain dans la surface de réparation de l'opposition, une autre belle passe centrée à la perfection, et notre brave gallois, comme en 2014, a marque une forte tête. Un moment inoubliable. Pour la troisième fois en 4 ans, ils ont décroché la coupe d'angleterre.

L, si seulement tu pouvais embrasser comme j'ai été touché par ce moment. C'est la célébration, les étreinte, les vraies expressions de la joie (et aussi du soulagement) sur les visages des jouers et surtout de l'entraîneur, qui m'ont tellement réchauffé le cœur. Tout ça me rendait un grand sourire, même presque des larmes de joie (mais non, pas tout à fait ... )

Aujourd'hui c'était vraiment une bonne journée.

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Saturday, May 27, 2017

N°5 : Cet été, est-ce qu'on sort ?

Chère L,

Tu m'as pas dit encore tes plans pour les vacances.

Sans doute voyager. Voyager, et visiter de diverses endroits intéressants. Quand il n'y a plus de travail scolaire à s'en soucier, naturellement il faut qu'on saisisse l'occasion de décoler, de s'envoler et d'échapper.

Ouais, surtout voyager avec les copains et les copines. J'imagine qu'à cette époque, au début de la vingtaine, c'est presque indispensable de pouvoir le faire un jour ou l'autre. Au début de la vingtaine, on est jeune, on n'a aucune famille d'en prendre soin, on est plein de vie et d'énergie, on n'a rien de trop sérieux à s'en occuper. Du coups, il faut faire de bons voyages, avec les meilleurs amis, mieux dans un petit groupe, peut-être de 3 ou 4 - s'il y avait plus, le plaisir du voyage pourrait s'affaiblir - et puis traverser le globe, ou bien seulement un petit coin d'une petite région, et faire ce qui nous plaît. C'est peut-être l'attrait le plus important de grandir et de devenir adulte, non ? C'est de pouvoir explorer le monde sous toutes ses formes et ses folies, en tant que personnes libres et indépendantes, et d'en créer de grandes aventures, des histoires captivantes, et puis, après quelques temps, de savourer un souvenir qu'on ne partage qu'avec les rares partenaires qui consituait la petite bande unique.

En fait, je pense que voyager ne demande pas beaucoup de raisons. Parfois il me semble qu'on essaie trop de justifier ses voyages: c'est d'élagir mon horizon, c'est de vivre une nouvelle culture, c'est de pouvoir être témoin de ceci ou cela dans la vie réelle ... tout ça, c'est pas nécessaire, à mon avis. L'important, c'est de rester ouvert, et ensuite tout prendra un sens, quelle que soit la destination. Profitons plus du procéssus, apprécions le trajet, laissons le voyage se dérouler tout naturellement, et si on a de la chance, on peut trouver des moments magiques et inoubliables.

L, j'ai jamais donné aucun « j'aime » aux photos de tes anciens voyages. Je te prie de m'excuser; c'est juste moi; actuellement je fais presque rien sur facebook. Toutefois je les trouvais très jolies. Eh ben, franchement, t'es pas la sorte dont le bonheur est dicté par les chiffres sur les médias sociaux. C'est peut-être pourquoi je me tiens à distance des trucs comme ça, afin que ma vie ne soit pas dictée par eux.

Moi, je voyage aussi. Mais si! Bien sûr que je voyage, bien qu'il y ait peu de photos comme preuve, je t'ai déjà dit que j'utilise à peine les médias sociaux. Je me rappelle d'une citation que j'ai entendu une fois à la radio : « À cette époque, aucun évènement n'est réputé d'avoir eu lieu, à moins qu'une photo ne soit prise ». Elle avait raison, t'es d'accord ? ... Mais bon, on parlait des voyages ... Franchement je ne voyage pas aussi fréquemment que mes amis. C'est pas parce que je le déteste. En fait, en général, je les trouvais agréable chaque fois je faisais des voyages. Pourtant j'aime bien aussi rester chez moi, et m'amuser bien avec un bon livre, un petit café, de bonnes musiques, de la solitude, du calme, sans aller nulle part. Je savoure chaque minute de pouvoir faire tout à mon propre rythme.

Ne te méprends pas - je ne déteste pas faire les voyages; c'est tout simplement que je ressens autant de plaisir quand je ne profite de la vie qu'avec les petites choses simples.

J'ai reçu un message texte d'une amie. Elle m'a posé la question que je t'ai pas encore posée. Quels sont tes plans ? elle m'a demandé. Et donc, je lui ai dit que je vais faire des travaux au musée, je vais me reposer bien en même temps, je vais lire quelques bons romans, je vais apprendre des langues ...

- Oh mon dieu, elle m'a écrit après, t'es sérieux ?? Tu sors pas ?
- Mais oui bien sûr, je l'ai répondu, arrête de me juger !
- Mais non je te juge pas, je veux que t'aies de bonnes vacances !

J'en ai ri, car c'est irritant mais aussi drôle... Hélas ! J'suis tout simplement comme ça, qu'y a-t-il à faire ?

L, je te promets, j'irai bien pendant les vacances !

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Friday, May 26, 2017

N°4 : Quand la fumée s'est élevée

Chère L,

Aujourd'hui j'suis tombé sur un incendie. T'inquiète pas, cette fois c'est pas chez moi. Je l'ai aperçu pendant que je courais dans un quartier residentiel tranquille. En fait d'abord j'ai aperçu les voitures de police et les camions de pompiers. J'ai avancé quelque pas en trouvant la scène de plus en plus bizarre et suspecte , et après quelques secondes je l'ai bien vue : l'épaisse fumée s'élevait rapidement d'un apartement. Je me suis arrêté tout de suite, en émettant un petit juron audible...le mec qui sortait pour voir ce qui s'est passé m'a donné un regard, à la fois étonné et amusé. De plus en plus de voitures de police et de camions se rendaient sur place, et j'ai donc fait un demi-tour pour me distancier.

Je sais pas à quel point cet incendie était grave ; en tout cas j'espère bien vraiment que personne n'a été blessé à cause de ça. Un accident est toujour mauvais, quel que soit l'étendue de dommage. Même s'il y a, par chance, aucune perte de vies, il entraine souvent des dégâts matériels, dont la pire est la perte de logement, ce qui veut dire une perte de refuge, de sanctuaire. C'est effrayant qu'on pourrait perdre tout ce qu'on a, à la vitesse de l'éclair. Je pense qu'il est effrayant, car pour la plupart, on ne pense pas trop sur le concept « d'avoir », d'avoir un logement, des possessions, des amis, une famille ... en outre on pense très rarement sur la possibilité peu probable de rencontrer un accident. Mais bien que la possibilité soit peu probable, ça veut dire pas qu'elle soit impossible de se passer. En toute franchise quand même, la vie deviendrait très déprimante si on ne pense qu'à la possibilité d'avoir un accident...

L, tu te souviens quand je t'ai raconté ma petite « aventure » ? En fait, ça fait déjà plus d'un an depuis cet évènement pénible. C'était le 26 avril, mardi soir - ne me demande pas pourquoi je m'en souviens encore. On vacait à ses affaires quand soudain il y avait une panne de courant, suivie par l'alarme incendie. On sortait, en fait assez calme, sinon un peu perplexe, et c'était le moment où on n'habite plus ce petit apartement. Ouais, les semaines suivantes étaient peut-être les plus stressantes dans ma vie. C'était encore l'inconnu et l'incertitude, tu vois? On savait jamais exactement quand on pourrait rentrer. De plus, mes logements temporaires étaient vraiment temporaires, à court terme, très court. Je m'inquiétais tous les jours de ne pas pouvoir trouver un nouveau logement avant que je devais quitter l'actuel; sans compter qu'il existait toujours une maladresse de partager l'espace déjà limité avec mes hôtes. Je vivais effectivement comme comme nomade pendant cette période.

Je me rappelle encore ton air d'incrédule après que j'ai terminé te raconter mon histoire. C'était l'une des rares fois où t'as perdu les mots. Quand même je me rappelle d'être un peu déçu, curieusement. J'espérais peut-être que mon histoire aurait pu provoquer une réaction plus profonde que ça ; j'espérais une réaction qui mérite le sérieux de la situation . Ne t'en fait pas, c'était pas ta faute. C'est toujours assez difficile de s'exprimer de façon appropriée en face de cette sorte d'histoire. J'imagine que si j'étais toi, je donnerais la même réaction. De toute façon, je crois que l'effet de ce souvenir s'est déjà affaibli avec le temps, car elle est si éprouvante d'y penser.

Il faut pas prendre rien pour acquis; en effet, il faut pas prendre personne pour acquis. Chérissons tout ce qu'on a, parce que tout peut arriver, à tout moment, t'es d'accord ?

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Thursday, May 25, 2017

N°3 : Je manque un peu de chaleur

Chère L,

Aujourd'hui il faisait du vent. Malgré le soleil c'était encore une journée assez fraîche. Normalement le temps n'est pas une chose dont je me soucie, sauf peut-être lorsque j'ai vraiment envie de sortir courrir. Cependant aujourd'hui j'aurais aimé qu'il faisait plus de soleil et plus de chaleur. J'en aurais bénéficié.

Tu m'as jamais dit sur le temps que tu aimes bien. C'est possible que tu m'as déjà expliqué, mais je l'ai bien oublié. Si tu me permets de deviner, tu me semble la sorte qui adore le soleil. Ouais, pourquoi pas? Tu me semble tellement positive presque toujours ; t'aurais bien savouré la chaleur, l'éclat et l'énergie. Et pourtant je pense que c'est également possible que t'adores la pluie. T'es assez romantique, non? T'adores les arts, l'écriture, la poésie ... J'admets d'être un peu romantique moi-même, peut-être moins qu'auparavant, mais j'adore toutes ces choses aussi. En effet la pluie me donnait toujours une sensibilité. J'ai écrit quelques poèmes en s'inspirant de la pluie... Certes, c'est pas quelque chose de spectaculière ; j'suis sûr qu'on le fait tout le temps ... mais franchement, je pense que la pluie pourrait parfois être très belle (sinon un peu mélancholique, même d'une manière assez ringarde).

Mais bon...je crois pas qu'on ait jamais parler du temps. Et si on y pense, ça aurait été nul d'en parler trop profondément, non? ... Et donc, je vais m'arrêter là d'en continuer.

L, je sais pas si t'as déjà connu des ennuis qui viennent avec l'âge adulte. Je te trouvais toujours en bonne humeur, surtout avec ton sourire. Comme il est sincère et chaleureux, même si t'étais fatigué. Mais, évidemment tu dois déjà rencontrer tes propres ennuis des adultes. On a plus ou moins le même âge après tout. L'âge adulte semble se commencer si discrètement et subtilement qu'on ne remarque son arrivée qu'après longtemps. Seulement quand on réfléchit aux années précédentes, aux années d'adolescence, qu'on écarquille les yeux, par grande surprise, et remarque en pleine stupéfaction des changements profonde entre les deux étages de la vie.

Sérieusement, j'avais soif de plus de soleil et plus de chaleur.  Je trouve qu'il serait plus facile de faire face aux problèmes de la vie si je sortais et marchais sous un ciel bleu en plein soleil. Mais non...t'inquiètes pas, rien de mal ne s'est passé. Quand même il est inévitable que je commence à me préoccuper des futurs, en entreprenant la dernière année. C'est l'inconnu et l'incertidue qui m'inquiètent surtout. Les enjeux des décisions, des actions, tout, sont toujours beaucoup plus élevés qu'avant. Les coûts des erreurs deviennent aussi considérablement plus profondes. Je suppose que c'est la différence la plus évidente de grandir. Mais, si j'en pensais pas trop, j'irais peut-être mieux,

 L, c'est peut-être un sourire sincère dont j'avais vraiment besoin. T'es d'accord?

Eh ben, il est déjà tard. Donc, on se retrouve plus tard. À plus.

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Wednesday, May 24, 2017

N°2 : On gémit trop parfois

Chère L,

Je viens de parcourir mes anciennes entrées du blog. Non...ne le fais pas toi-même, c'est trop gênant. Je me plaignais trop, et je préfère que tu ne les voies pas. Je me plaignais effectivement de tout... la pression sociale entre les camarades, les profs qui ne savaient pas enseigner, les profs qui ennuyaient tout le monde, le système éducatif qui ne promeut que les bons résultats aux examens, les camarades arrogants, les profs qui ne savaient jamais enseigner, les profs qui ennuyaient quiconque qui les entend, le système éducatif qui ne croit qu'aux régimes de marquage ...

S'il te plaît, ne me juge pas trop durement, s'il te plaît. Il faut garder à l'esprit que j'étais encore jeune ; j'étais adolescent. Tu sais bien que les adolescents, ils ne font rien que gémir. J'étais effectivement toujours en conflit avec le monde académique (mais en interne, naturellement...j'avais pas un tempérament explosif après tout). C'est une période drôle, non ? On est toujours en désaccord avec le reste du monde. Pire encore, à ce moment-là, il m'a paru bon d'exprimer ouvertement ma colère, ma frustration, mon mécontentement, tout ça, et de les partager avec l'internet. Je le trouve un peu regrettable que j'appartiens à la génération dont les membres ont toujours besoin d'exprimer publiquement leurs sentiments, soit positifs, soit négatifs. Ma foi, le monde n'a effectivement pas besoin de plus de sentiments négatifs.
(Ironiquement, les colères qu'on trouve sur internet, sur facebook etc. me font toujours en colère...)

Au fait, sache que je m'estime très chanceux d'avoir eu l'occasion de faire mes études aux EU. Je m'estime très chanceux d'avoir les parents qui m'ont fait tellement confiance pour quitter le réconfort du foyer et pour poursuivre mes rêves à une université excéllente. J'y trouve beaucoup plus de personnes qui effectuent des choses auxquelles je m'intéresse, les choses dont on s'en fout malheuresement dans mon coin du monde. Eh ben, ici, il y a toujours des profs qui ne savent pas enseigner et des étudiants qui semblent ne pas comprendre pourquoi on apprend, mais tout de même, maintenant j'ai plus de liberté de les ignorer. Tant mieux.

Et j'y trouve aussi de vrais francophones. C'est en fait pas difficile de les rencontrer. J'ai une amie - je sais pas si tu la connais - elle est très très sympa, mais elle parle trop rapidement en français. C'est assez dur de la suivre. Pour l'instant, j'ai encore du mal à converser en plein français ... quand même, j'accepte ce défi. J'imagine que c'est le niveau que je dois atteindre. Donc, il est l'heure de ne pas parler comme l'enfant.

Tu penses pas ?

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Tuesday, May 23, 2017

N°1 : Le départ. Je suis revenu

Chère L,

Voilà, je me retrouve ici après tellement d'années. C'est assez étonnant que ça fait presque 4 ans que j'ai écrit mon dernier article du blog ... ma foi, ça fait si longtemp ... c'était bien avant que je ne parte pour l'université. Comme le temps passe vite. Pourtant les vacances se sont commencés, et finalement je dispose de plus de temps libre pour faire quelque chose d'intéressant. Je reviens enfin avec une forte motivation d'écrire!

C'est en fait une chose que j'ai bien envie de faire depuis quelque temps. Au début de l'année je me suis promis de passer au moins 30 minute par jour de pratiquer le français. À ce moment-là je me disais qu'il ne s'agit pas d'une tâche difficile. Mais évidemment, quand on est à l'université, on manque toujour du temps. J'avais été très très occupé; des examens, des lectures, des essais, des visites sur le terrain presque tous les weekends et des expériences au labo de génétique. Les visites sur le terrain me donnaient tant de plaisir, surtout pour l'ornithologie...mais quand même c'était très dur de faire quelque chose de plus si on consacre beaucoup de temps et d'efforts à l'observation des oiseaux. Du coup, je n'avais jamais rempli ma promesse. Non, écouter les chansons en français ne compte pas.

J'avoue que j'ai été bête; j'avais suivi cinque cours pendant le semestre, ce qui constitue 22 unités de crédit. C'était trop, ne suis jamais cinque cours pendant un seul semestre! Comme ça on n'a plus de temps pour faire rien d'autre! Avec le recul, il est clair que c'était une décision stupide. En effet je devrais écouter la petite voix dans la tête, elle qui me disait : ça sera une très très mauvaise idée. Au fond tout est bien passé, en fait, mais il y avait une période près de la fin du semestre où j'endurais plus de stress que jamais, qui me rendait très cynique envers l'humanité et la société; j'avais l'impression que je devenais un personnage d'un sitcom, dont le seul rôle est d'être en colère pour l'amusement du public...mais, bon...  Et donc, n'ignore jamais cette petite voix dans la tête ; il est fort probable qu'elle a raison chaque fois qu'on l'entend (sauf lorsqu'elle a tort).

J'ai envie d'améliorer mon français, et il est temps d'être plus imaginatif. J'ai alors pris la décision de refaire ce que je faisais il y a tant d'anneés, quand j'avais 14 ou 15 ans, afin d'améliorer mon anglais et mon chinois: je vais recommencer l'écriture de mon blog pendant mes vacances. Pour moi, il s'agit surtout de la production des pensées en forme d'écriture. Bien sûr que j'espère pouvoir faire une entrée par jour, mais j'ai déjà recommencé les travaux au labo, donc peut-être que je ne serai pas si libre que j'imagine. En tout cas, je vais essayer de mettre à jour mon blog le plus souvent possible. Si un jour je trouvais le rythme d'écrire fréquemment, je pourrais même faire quelque chose en polonais. Je sais pas. On verra.

À plus!

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喜好音乐却无法自行创造音乐,向往自由却将自己限制于机械般的城市生活,喜好出外蹦跳流汗却非杰出的运动员,对文学创作有一丝兴趣却没有一头丰裕的文字,天生感性却拥有略带不自然的理性。这是个普通的少年,一个还有很多事要懂、很多事还需要自己揭发的少年。