Les vacances vont bientôt prendre fin. Le temps passe vite, c'est un fait, un fait qu'on a déjà établi plusieurs fois. Le début des vacances me semble avoir commencé récemment. C'est trois mois, alors bon, certes, c'est pas exactement récent, beaucoup de choses se sont produites pendant cette période. Pourtant, dans le grand ordre des choses, une période de trois mois n'est qu'un petit instant - bref, éphémère, facile à oublier.
C'est pas tant la vitesse à laquelle le temps passe qui me fait une peu mélancholique que la nature inéluctable de tout ça. Une séquence, c'est la nature de la vie, une chaîne sans fin, les choses se produisent, l'un après l'autre, les secondes s'égrènent, la réalité continue, car il faut qu'elle continue et il y a pas de raison pour qu'elle s'arrête, les évènements qui doivent se dérouler se déroulent, l'un après l'autre, voilà comment fonctionne le monde. On est là pour juste un court instant, puis on disparaît, inévitablement.
Il me semble qu'il faut dire quelque chose de sentimental pour accueillir la fin des vacances, mais en même temps il me semble superflu de devoir accueillir chaque fin que je rencontre. La répétition va diluer l'intensité. Donc c'est pas nécessaire. Pas du tout. Les vacances vont prendre fin, mais la vie continue, le travail au labo continue, la vie d'étudiant continue. Les nouveaux défis vont continuer à apparaître, je sais pas quand mais ils arrivent toujours, qui sait comment, mais c'est la vérité. Le cercle de la vie n'attend personne, il s'en fiche de personne, les choses se produisent, puis elles passent, encore et encore, au fond il signifie vraiment rien.
Forme est vacuité, vacuité est forme. Une série de changements m'attend, il faut tout simplement de les traverser. Au fond c'est tout simplement ce qu'on doit faire.
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Mais, L, j'aime bien parfois les changements. Un changement pourrait être agréable, rafraîchissant, revigorant. Mes nouveaux colocataires ont emménagé. C'est bon. C'est agréable. C'est un peu inattendu que je le trouve agréable, mais au fond c'est bon que ça a été agréable ; après tout ce sont de bons amis, des amis que j'aime et respecte, donc naturellement ce changement de cohabitant a été rafraîchissant.
La dernière fois où j'ai emménagé, on manque à mon avis une présence d'une figure maternelle, on manque l'intuition d'une mère, une intuition qui aurait pu nous guider pour s'organiser mieux. Cette fois la présence a été forte. Le ménage a été bien fait. Le nettoyage complet et rigoreux. L'état de notre apartement a été bien amélioré. Plus propre et plus rangé. L'apartment a semblé revivre. J'ai l'impression de respire à nouveau.
Ouais c'est effectivement un changement bienvenu. Tout d'un coup, je me suis débarrassé d'une frustration, apparemment inconnue et inaperçue, réprimée durant une année entière. C'est un changement bienvenu pour accueillir le nouveau semestre, qui commence dans deux jours.
Là, avec le début d'un nouveau semestre, il y a pas en fait beaucoup de changement. Je vais aux cours comme toujours, je vais au labo pour travailler comme toujours, j'étudie, je fais face aux troubles et frustrations, comme ci comme ça, la vie continue, sans attendre personne, moi y compris.
Ouais, c'est un peu dommage que je vais perdre la liberté totale de l'été, mais je crois qu'après quelques semaines, même peut-être quelques jours, je vais m'adapter assez bien à ce nouveau cercle de faire des choses, et je vais me dire que la vie n'est pas si mal après tout.
J'en suis sûr
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