Le feu qui brûle depuis tant d'années ne s'est pas encore éteint, mais il s'est affaibli. Je ne trouve de plus en plus difficile ni de ressentir la chaleur déroutante d'auparavant, ni de se souvenir bien de la sensation d'être dérouté par cette ardeur. L'intensité est perdue, maintenant ce que j'éprouve, c'est juste une perturbation vague et lointaine, comme si c'était pas moi.
Je ne perd plus le sommeil par la tempête agitée, tumultueuse, orageuse de ma propre solitude, par le désir d'en finir rapidement et en même temps le désir d'éviter toute la réalité et de s'enfuir en compagnie de toutes mes craintes. Tant mieux. C'est incroyable que jamais j'ai vécu ces moments de démence. J'existais, sans savoir si j'ai vraiment existé. L'ardeur a été énormément déroutante et ça fait peur, car je perdais non seulement le sommeil mais aussi le sens de ma réalité.
Par ironie elle est devenue paralysante. J'étais désorienté. Réveillaient en moi, une rage, un chagrin, une douleur, quand je pensais de toi, de ton visage de tes yeux de ton sourire de ta voix de sa douceur de ton nom de ta démarche de chaque de tes mots de chaque syllable de ton énonciation de chaque lettre de tes textes de tes réflexions de tes réflexions sur moi et de chaque moment où t'étais pas là.
Un tourbillon à mille à l'heure dont j'ai pas pu échapper.
Et jusqu'à ce moment je ne sais pas si j'ai réussi à lui échapper. Même si tout s'est calmé, je ne sais pas si j'ai vraiment réussi à lui échapper, comme en témoigne le petit dose de mélancolie viscérale quand j'écoute les morceaux que j'écoutais alors.
Au fond, je ne sais pas vraiment ce que je veux. Pour un homme de science, qui tente toujours de donner de bonnes explications pour chaque phénomène, en suivant un fil de pensées précis, avec du raissonnement clair, cette enquête émotive a l'air énormément plus compliqué.
Oublions tous ces moments qu'on partage. Oublions tous ces bavardages qu'on partage. Les mots coulant si aisément, si facilement, comme si tout ce qui est le plus naturel et le plus certain, comme le cycle de jour et nuit, comme les levers et couchers de soleil, comme l'arc-en-ciel après la pluie. J'aimerais croire que tout ça signifie quelque chose, même si j'en suis pas sûr quoi exactement.
Mais oublions ça.
Personne d'autre ne pourrait être aussi ouverte mais en même temps garde tout ses secrets aussi bien que toi. Est-ce que c'est ça ? Est-ce que c'est la raison pour laquelle je te trouve à la fois tellement fascinante et tellement frustrante ? Je cherche, depuis je sais pas quand exactement, une réponse, où peut-être quelques réponses, pour toutes ces questions ci-dessus, mais sans succès. Ces sortes d'affaire ont à peine jamais une réponse simple et directe. Mais peut-être que j'ai eu tort ? Peut-être que j'ai pas assez d'intélligence de les bien chercher. Peut-être que j'ai pas assez d'intélligence de ne pas les ignorer, les réponses, bien qu'elles soient toujours là sous le nez. Et peut-être que t'es au fond bien plus intélligente que moi, en cachant tout ce qui est vrai sous ces yeux profonds, ces vitres teintées de ton esprit ?
Mon âme étant enlevé par ces yeux profondes,
Par un tourbillon marron,
Écrasé, puis se dissoudre lentement,
Dans de l'eau vive bouillante.
Tu m'as dit, après que je t'avais dite l'important, que j'ai dû savoir ce que tu penses. J'ai fait semblant que je l'ai su. Mais j'ai menti. Au fond j'ai menti, car j'avais aucun courage de dire la vérité, car j'ai toujours aucun courage de dire la vérité, car je suis pas toujours certain si ça me tient suffisament à cœur pour que je dise tout ce que j'aimerais dire, que je te pose toutes les question que j'ai envie de te poser après tout ce temps.
Cette rencontre
Cette salle de bal infinie
Dans laquelle je me suis fait piéger
Toi, tu es la valse élégante de la dernière danse
Moi, je suis la petite note folle et cinglée
Cette rencontre passionnée
Cette rencontre turbulente
Où sont ceux qui peuvent la comprendre ?
C, s'il te plaît, donne-moi, tout simplement, une réponse. Ou devrais-je dire, une explication. J'ai l'impression que tu ne me fais jamais confiance. Pourtant, cette fois, s'il te plaît, fais-moi confiance, crois-moi que j'ai vraiment besoin de cette explication que tu as longtemps caché de moi. Le temps passe si vite, on est déjà dans la vingtaine : j'ai 23 ans, toi 22. J'ai envie de s'échapper.
J'ai tellement envie de le terminer à fond. Sans doute que tu le veux aussi ... mais, est-ce que je peux en être sûr ?
Bons baisers,
Z
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