a,
(Je pense que j'ai déjà établi - plusieurs fois - que je reconnais en effet le fait que le monde adulte peut être sévère et pénible. Je le faisais probablement implicitement, peut-être un peu trop implicitement jusqu'à ce qu'il semble absurdement explicite.)
Quoi qu'on en pense autrement, beaucoup de membres bien établis dans le monde adulte font plus de mal que de bien. Les conseils, les opinions, les rappels amicaux : Vous devez faire cette chose d'ici ce date sinon vous ne pourrez pas l'attendre (oui je sais, mais où commencer ? comment commencer ?). Non, non, faites pas ceci, faites cela, c'est mieux comme ça (ben ok, mais pourquoi ? comment ?). Allez-y, envoyez un email à cette personne, faites-le maintenant, avant qu'il ne soit trop tard (d'accord, mais que dois-je écrire exactement ?). Vous devez bientôt réfléchir à cette chose sérieusement (ouais mais qu'est-ce que vous voulez dire par « réfléchir » ?).
Si je peux me permettre d'utiliser l'analogie d'un bon copain : Nous les débutants sommes vagabonds, flottant dans les courants d'inconnu, vulnérables, sans but et sans défense. Ceux qui sont bien établis, les « membres seniors », se trouvent au bord de l'eau, sur le terrain stable et solide, en nous donnant des conseils et des directions, pour nous guider.
Ils nous aident, ou bien, ils tentent de nous aider, car ils sont à cœur l'intérêt des nouveaux arrivants. Bien sûr qu'ils se préoccupent de nous comme ça, on sait qu'ils s'en préoccupent vraiment. Pourtant ces instances de « faites-moi confiance » inspirent probablement plus de méfiance qu'elles ne méritent, en faisant ces mots guidants beaucoup moins acceuillants, beaucoup plus froids, plus frois que l'eau profonde nous clapote sur la peau. Ainsi il y a une forte tentation rester dans l'eau, flottant et toujours sans but, plus que jamais, en prenant plaisir d'un air coupable à continuer à nier la réalité.
Moi, j'ai autrefois donné des conseils également confus, lorsque j'avais tendence de couper tout simplement certaines scènes de lutte et de confusion auxquelles j'avais fait face et donner seulement ce qui s'était bien passé. Autrement dit, je faisais preuve beaucoup moins de tact avec les situations difficiles des autres. C'est comme si lancer à quelqu'un une carte, en lui disant, « voilà, suis cette route et cette route et cette route et cette route et puis prends à gauche, t'y parviens au fond. »
Pourtant c'est pas si simple comme ça, pas vrai ? Ça serait plus compliqué que donner tout simplement des directions à suivre sur une carte, pas vrai ? Guider les gens, c'est pas aussi simple que leur lancer quelques conseils, pas vrai ?
b.
Je pense que les podcasts sont en fait une bonne alternative aux morceaux de musique pour dissiper le silence sec et stérile pendant le travail monotone au labo. Je parle surtout des podcasts dans lesquels on discute l'histoire des idées. C'est intéressant, c'est vraiment intéressant, il faut que je souligne cette différene, car de nos jours on a abusé du mot « intérerssant », surtout pour les choses qui ne sont pas du tout intéressantes, jusqu'à ce qu'il ait presque complètement perdu son sens. Et en tout cas, c'est intéressant, parce que c'est comme surfer sur Wikipédia, à la forme orale. Surfer sur Wikipédia, ça donne toujours beaucoup de plaisir, le temps qu'on y consacre ne peut pas justifier la faible productivité, sans parler de la sensation de culpabilité d'avoir remis à plus tard ce qu'on doit faire.
Il est joli d'avoir quelque chose de forme orale pour accompagner des travaux ennuyeux qui n'exigent pas trop de RAM cérébral. Il est joli d'avoir des voix humaines pour dissiper le silence stérile d'un labo génétique vidé de ses activités humaines usuelles. S'il s'agissait de l'apprentissage des sujets intéressants que je ne ferrais pas autrement comme priorité d'apprendre, ça vaudrait bien sûr la peine de se mettre des écouteurs en excluant le reste du monde physique. Certes, il est peu probable que les podcasts peuvent me rendre beaucoup mieux informé sur les sujets en discussion, quand même c'est toujours mieux que n'en connaître absolument rien.
c.
J'ai demandé à une copine, à quoi ressemble le GRE ? comment se compare-t-il au SAT ?
Il existe certainement des différences, petites mais évidentes, mais en général, les deux sont pas trop différents. Les trois sections : la lecture, l'écriture et les mathématiques, les trois anciennes amies des bons vieux jours du SAT. Elles seront là pour me saleur, avec les bras ouverts sans doute, et de larges sourires.Eh oui, elle m'a dit, oui il y aura toujours un compo à écrire. Bien sûr qu'il y en a toujours un qui m'attend.
Il y a quelques années cela aurait été une nouvelle tout fâcheuse. Mais après traverser trois années de travaux universitaires, dont des écritures furieuses, page après page, mot après mot, un compo dans un test normalisé important n'a plus l'air affreux. Maintenant, c'est tout simplement un autre compo, pour un autre cours à l'uni, que je dois finir. Cette réflexion calme m'a agréablement surpris.
J'ai effectivement beaucoup progressé, du moins pour certaines choses dans ma vie. Il est génial de pouvoir regarder en arrière et remarquer comment les petites choses insignifiantes s'accumulent en cours de route et font des effets les plus remarquables au fond.
Les petites choses, L, c'est souvent eux qui nous faire voir plus clairement la valeur du long voyage de vie qui nous attend.
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