Sunday, June 18, 2017

N°18 : Comment ça allait, il y a 5 ans ?

Chère L,

Moi, je regrette un peu les jours de 2012 et 2013, où je faisais mon STPM. C'est comme le bac en France ... ce qu'on fait avant d'entrer l'université. Eh peu importe, je vais te l'expliquer plus tard.

S'il y avait une période où je me sentais à l'aise avec une routine prosaïque, c'était ça.

Se lever à 5 h du matin, profiter la solitude et le silence pour faire mes devoirs, en compagnie des émissions de télé, dont le rôle était pour l'essentiel empêcher le silence de devenir trop profond, un petit-déjeuner simple, et un café. Aller à l'école sur la moto, c'était en fait toujours un moment de paix très agréable. Tant que je faisais toujours attention et ne conduisais pas la moto trop vite, je pouvais toujours s'offrir de fredonner une petite mélodie (malheureusement ça ne demeurait pas longtemps). Arriver à l'école, dire bonjour aux amis, et puis, les cours, qui duraient 6 heures. Quand ils prenaient fin à 13 h 30, on rentrait, pas sans soulagement. Déjeuner, étudier, courir, dîner, jouer du piano, se coucher tôt. Ensuite le cycle se commençait le lendemain.


Une routine, une série d'habitude, un cycle perpétuel.

J'avoue que je trouvais beaucoup de réconfort dans ce rythme constant. Je trouvais beaucoup de réconfort surtout par la possibilité de pouvoir s'immerger dans les études et de ne pas s'occuper de rien d'autre.

L'après-midi chaud, tout seul dans ma chambre, quelques livres ouverts devant moi, mon portable à côté, parfois un café ou un thé aussi, et un entrain fort de chercher les réponse, d'organiser ma pensée sous forme narrative, de faire des notes comme raconter une histoire. La concentration, c'était mon sédatif. La réussite dans la recherche de connaissance, c'était ma drogue stimulante.

Il y a quelque chose de satisfaisant dans les schémas détaillés (d'une ecosystème, du cycle du carbone, de la photosynthèse, de la réplication d'ADN, etc. etc.) desinnés à la main, dans les flots de notes, des équations mathématiques, des formules chimiques, page après page, presque sans arrêt, et dans la satisfaction de terminer une longue journée d'études, en sachant que j'aurias rien à craindre quand les examens s'approchent enfin. C'était bien comme une méditation qui m'apportait un sentiment de bien-être.

L, tu me dirais, attends, ça n'est pas en accord avec ce que mes anciennes entrées reflètent. Mais oui, t'as raison, en effet, car je me sentais énervé par la futilité du « système », de ce qu'on faisait au lycée. Je jouais le rôle d'un ambitieux emprisonné dans un marais d'étroitesse d'esprit qui l'embourbe de s'envoler et qui l'empêche de s'épanouir. (On était déjà 18, 19 ans, on mérite plus qu'une vie dominée par les examens, les notes ! Ils vautent pas la peine tout simplement. ) Franchement, j'imagine que si t'étais là avec moi tu aurais ressenti la même frustration. Ils vaulent pas vraiment la peine, tout simplement.

Mais tout de même, j'ai cru que le bonheur, c'était se concentrer aux études, probablement parce que leur stabilité m'attirait plus que leur inutilité. De plus, c'était un type de stabilité qu'on ne trouverait qu'à l'adolescence.

Ben, que puis-je dire ? J'éprouve des sentiments contradictoires de temps en temps.

(Et d'ailleurs, si j'avais un bon moment, si je me sentais en paix, il était peu probable que j'aurais envie d'écrire quelque chose. Les inspirations se sont nées souvent à partir d'un esprit agité. C'est toujours les émotions puissantes qui alimentent le mieux les ardeurs créatives. Le contentement, d'autre part, ça me rendrait ennuyeux.)


L, j'suis pas bête. On peut jamais revenir dans le passé. Pourtant on peut parfois se permettre d'y réfléchir un peu, de se vautrer dans la petite euphorie de la nostalgie.

Parfois, ça suffit. Parfois, mais pas trop. 

Copyright©zheng-dixseptmai.blogspot.com 2017

No comments:

L'auteur

My photo
喜好音乐却无法自行创造音乐,向往自由却将自己限制于机械般的城市生活,喜好出外蹦跳流汗却非杰出的运动员,对文学创作有一丝兴趣却没有一头丰裕的文字,天生感性却拥有略带不自然的理性。这是个普通的少年,一个还有很多事要懂、很多事还需要自己揭发的少年。