Friday, June 23, 2017

N°19 : Réalité, réaliser, rêver

Chère L,

Le destin m'a emmené à une nouvelle série de PCRs échoués. Une tempête d'esprit semblait commencer à se produire, mais aucune m'est venu au fond. J'étais énervé, comme d'habitude, bien sûr ; pourtant le petit diable, ce petit diable que je t'ai dit, ce petit diable qui est toujours très exigeant avec moi, qui me dit toujours « t'aurais dû faire mieux », se taisait à cette occasion.

En fait, un instant, je me suis senté chanceux de pouvoir rencontrer ce problème - ouais, j'ai été un peu étonné. Mais oui, j'étais assez chancheux de devoir se soucier de cet échec. L'ouragan émotionnel qui m'a frappé l'esprit au cours des derniers jours m'a donné le goût - ou devrais-je dire plutôt, un rappel du goût - de la vie adulte compliquée et gênante. Et après cette brève plongée dans les troubles adultes, je préférais beaucoup se soucier de l'échec au labo, car il est beaucoup beaucoup moins inutile par rapport à quelques problèmes que j'ai dû résoudre jusqu'à présent. C'était ça, tout simplement.

Est-ce que j'ai dit « le destin » ? Je voulais dire plutôt « la réalité ». Tous les deux veulent dire des circonstances et de puissance en dehors du contrôle humain. Mais, le destin, c'est seulement le concept abstrait qu'on construit afin d'expliquer et de justifier tout ce qui se passe dans la vie.

La réalité, c'est ce qui a vraiment lieu, inévitablement, qu'on le veuille ou non.

Je suis toujours énervé, mais qu'est-ce qu'on peut faire ? Du coup, tout restait assez calme dedans, malgré la peur d'avoir commis des erreurs stupides et évitables. Malgré que je pouvais sentir le petit diable exigeant tenter de me railler, j'ai réussi à le faire taire.

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La côte du Pacifique de Californie a été un rêve de gamin.

Et quand un rêve se réalise, ça pourrait encore être très très difficile d'y croire. Car ... car c'était toujours tout simplement un rêve.

J'ai l'impression qu'à un certain moment dans notre enfance on commençait souvent à distinguer ceux qui sont vrais de ceux qui sont seulement dans l'imagination. Pour le simplier, on catégorisait souvent le monde, peut-être implicitement et inconsciemment, en faisant la distinction entre ceux qui sont réalisables et ceux qui ne le sont pas.

Pour moi, en tant qu'un petit garçon, la belle côte de Californie n'existait qu'aux photos, qu'à la télé, qu'à un autre monde où il est impossible à atteindre. Jamais il ne m'est venu à l'esprit qu'il y a toujours une façon d'y aller. Je l'ai bien accepté comme ça : ce qui est rêve reste un rêve, dans l'imagination.

Mais j'ai eu tort. Bien sûr que j'ai eu tort, que j'ai catégoriquement eu tort.


Un rêve s'est réalisé, lorsque je me suis trouvé sur le beau cap de Point Reyes. Je ne croyais jamais que je pourrais un jour me trouver là, mais enfin j'y suis arrivé. Je le trouvais encore très difficile à croire.


C'était incroyable, car je vivais dans mon imagination du passé, je vivais dans les photos que j'ai vues il y a je sais pas combien d'années, je vivais dans un monde que je ne croyais jamais exister dans la vraie vie. Cela ne marche pas comme ça : on ne vive pas dans l'imagination. Mais si, car c'était pas l'imagination, car l'imagination, c'était une illusion.


J'étais embrassé tendrement par le soleil, en entendant rien d'autre que le bruit du vent et le rythme doux des vagues qui se brisaient sur les roches.


Là, sur le haut d'une falaise, tout était bleu, avec un peu de blanc, un peu de vert, un peu de doré. Mais surtout du bleu : la couleur qui calme. Sur le haut de la falaise, entouré de tous les côtés par le bleu, par la tranquilité.


Le vent, l'herbe, et les vagues - c'était la tranquilité, qui me faisait effectivement sourd aux cris d'excitation et de plaisir des autres copains. C'était une tranquilité qui nous fait taire, qui nous fait calmer, qui nous fait oublier.


Il faut se taire, il faut se calmer, de peur de troubler le paradis. Il faut oublier, oublier tout le reste, afin de le garder bien en mémoire.

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On faisait semblant de s'en ficher. Au début c'était atroce : il est difficle de tricher son cœur, quand la passion est trop forte. Mais, si on se donne vraiment les moyens, on peut parfois y parvenir.

Et ensuite, le temps passe, on grandit, la répétition et la pratique (franchement il en faut pas trop) nous engloutissent peu à peu, jusqu'à un jour, le conditionnement serait bien fait. Il devient de plus en plus facile pour qu'on le fasse : on peut enfin se convaincre qu'on s'en fiche vraiment.

Ainsi le soi du passé devient une ombre, négligée et oubliée, tant que le feu de passion ne brûle plus.

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Sunday, June 18, 2017

N°18 : Comment ça allait, il y a 5 ans ?

Chère L,

Moi, je regrette un peu les jours de 2012 et 2013, où je faisais mon STPM. C'est comme le bac en France ... ce qu'on fait avant d'entrer l'université. Eh peu importe, je vais te l'expliquer plus tard.

S'il y avait une période où je me sentais à l'aise avec une routine prosaïque, c'était ça.

Se lever à 5 h du matin, profiter la solitude et le silence pour faire mes devoirs, en compagnie des émissions de télé, dont le rôle était pour l'essentiel empêcher le silence de devenir trop profond, un petit-déjeuner simple, et un café. Aller à l'école sur la moto, c'était en fait toujours un moment de paix très agréable. Tant que je faisais toujours attention et ne conduisais pas la moto trop vite, je pouvais toujours s'offrir de fredonner une petite mélodie (malheureusement ça ne demeurait pas longtemps). Arriver à l'école, dire bonjour aux amis, et puis, les cours, qui duraient 6 heures. Quand ils prenaient fin à 13 h 30, on rentrait, pas sans soulagement. Déjeuner, étudier, courir, dîner, jouer du piano, se coucher tôt. Ensuite le cycle se commençait le lendemain.


Une routine, une série d'habitude, un cycle perpétuel.

J'avoue que je trouvais beaucoup de réconfort dans ce rythme constant. Je trouvais beaucoup de réconfort surtout par la possibilité de pouvoir s'immerger dans les études et de ne pas s'occuper de rien d'autre.

L'après-midi chaud, tout seul dans ma chambre, quelques livres ouverts devant moi, mon portable à côté, parfois un café ou un thé aussi, et un entrain fort de chercher les réponse, d'organiser ma pensée sous forme narrative, de faire des notes comme raconter une histoire. La concentration, c'était mon sédatif. La réussite dans la recherche de connaissance, c'était ma drogue stimulante.

Il y a quelque chose de satisfaisant dans les schémas détaillés (d'une ecosystème, du cycle du carbone, de la photosynthèse, de la réplication d'ADN, etc. etc.) desinnés à la main, dans les flots de notes, des équations mathématiques, des formules chimiques, page après page, presque sans arrêt, et dans la satisfaction de terminer une longue journée d'études, en sachant que j'aurias rien à craindre quand les examens s'approchent enfin. C'était bien comme une méditation qui m'apportait un sentiment de bien-être.

L, tu me dirais, attends, ça n'est pas en accord avec ce que mes anciennes entrées reflètent. Mais oui, t'as raison, en effet, car je me sentais énervé par la futilité du « système », de ce qu'on faisait au lycée. Je jouais le rôle d'un ambitieux emprisonné dans un marais d'étroitesse d'esprit qui l'embourbe de s'envoler et qui l'empêche de s'épanouir. (On était déjà 18, 19 ans, on mérite plus qu'une vie dominée par les examens, les notes ! Ils vautent pas la peine tout simplement. ) Franchement, j'imagine que si t'étais là avec moi tu aurais ressenti la même frustration. Ils vaulent pas vraiment la peine, tout simplement.

Mais tout de même, j'ai cru que le bonheur, c'était se concentrer aux études, probablement parce que leur stabilité m'attirait plus que leur inutilité. De plus, c'était un type de stabilité qu'on ne trouverait qu'à l'adolescence.

Ben, que puis-je dire ? J'éprouve des sentiments contradictoires de temps en temps.

(Et d'ailleurs, si j'avais un bon moment, si je me sentais en paix, il était peu probable que j'aurais envie d'écrire quelque chose. Les inspirations se sont nées souvent à partir d'un esprit agité. C'est toujours les émotions puissantes qui alimentent le mieux les ardeurs créatives. Le contentement, d'autre part, ça me rendrait ennuyeux.)


L, j'suis pas bête. On peut jamais revenir dans le passé. Pourtant on peut parfois se permettre d'y réfléchir un peu, de se vautrer dans la petite euphorie de la nostalgie.

Parfois, ça suffit. Parfois, mais pas trop. 

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Saturday, June 17, 2017

N°17 : Agir, c'est le meilleur remède (II)

Chère L,

Grandir, c'est de faire face aux diables de la vie adulte.

Les choses se passent tous les jours, pas vrai ? Parfois j'essaie de me convaincre de ne pas en penser. Mais ça marche pas. Ça marche jamais, pas vrai ? De temps en temps, je me trompe. On se trompe de temps en temps, c'est inévitable.


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Quelque chose m'est arrivé hier ; en fait, par ironie, ce problème s'est produit car quelque chose ne s'est pas produit. Une erreur sur un formulaire important, un formulaire qui enregistre le déplacement des étrangers en entrant ou sortant les EU : la date d'entrée la plus récente manquante. D'après le document, je suis sorti des EU en décembre 2016 et je suis jamais revenu ici.

Mais me voilà, infailliblement et immanquablement. Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?

Je me suis ressenti un frisson dans le dos. Il s'agit de la légalité de mon statut en tant qu'étranger : il et donc très difficile de le prend à la légère. C'est à ce moment là où les diable venaient me hanter. Ils se présentent jamais aux yeux, mais on pourrait être certain quand ils sont arrivés : le frisson à la fois dans le dos et dans la tête, un serrement dans la poitrine, les palpitations violentes, le vertige ... et puis un sentiment de resserrement, comme si je me suis enfermé dans rien d'autre que le problème.

J'étais ainsi piégé dans ce tourbillon de l'esprit dans les heures suivantes. Un « Googling » frénétique me donnait rien de définitive, pire, il m'a rendu plus confondu, plus perdu, plus stressé, car le google n'est pas humain, il ne peut pas donner les solutions personnalisées selon les individus. Hélas, fais pas trop de confiance à google ... sa « sagesse » dépend après tout aux gens qui ont écrit l'algorithme. On est seulement au XXIème siècle, l'Internet ne sait pas encore tout.

J'ai déjà su que ce tourbillon qui m'a emprisonné, c'est l'inconnu, c'est être incapable de savoir les conséquences possibles, c'est être incapable de trouver un bon chemin qui peut m'emmener du brouillard. Quand même c'était toujours très difficile d'en sortir. La paranoïa - si grosse et si lourde - qui pesait sur l'épaules m'a rendu incapable de me déplacer nulle part.

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Je devais parler à maman, ou bien papa. Cette fois-ci c'était maman que j'ai téléphonée. C'est ce que je fais, quand je suis confronté à de grands problèmes. Maman et papa sont des adultes, ils ont déjà connu beaucoup de problèmes, je veux dire les problèmes dans le monde réel. Ils ont des expériences et, évidemment, qui mieux qu'eux peuvent donner un peu de logique, de raison pour me servir de guide à travers le problème ?

Qui mieux qu'eux peuvent donner des mots d'encouragement, de tonus ? Ils sont ceux qui m'aiment le plus après tout.

Il me fallait trois appels à maman en l'espace d'à peine quelques heures. En fait il m'a fallait deux appels pour enfin me calmer un peu. Mais je devais faire le troisième pour dire à elle que je me suis vraiment calmé, pour ne pas la laisser en inquiétude.

Elle m'a dit : « C'est la vie. » Les problèmes, le chagrin, le stress, ils existent toujours, dans le monde réel. On s'en sort jamais.

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Les conseillères au BIO me suggéraient ce matin de visiter le bureau du DHS à SF. C'est pas un problème sérieux, elles m'ont dit, mais il vaut mieux de le résoudre dès que possible. Elles me disaient plusieurs fois « désolée », ça sera un tracas de passer qui sait combien de temps pour résoudre. Ben, d'accord, alors vous savez pourquoi ce problème s'est produit ? Malheuresement non. Ben, d'accord.

C'est ennuyant, bien sûr ; mais, enfin, une solution, un chemin. La marche à suivre est devenue claire. Je vais pas me plaindre.

On est déjà vendredi, il était 11 h 30, le bureau allait fermer à 14 h. Mais par pur caprice, je me suis dit, pourquoi pas ? Ça prendra à peu près 40 minutes pour y parvenir, si je pars maintenant, je me suis dit, et si j'ai de la chance, je dois pas attendre jusqu'à lundi. Ça vaut tout à fait la peine de l'essayer.

Les conseillères m'ont prévenu qu'il est tout à fait possible que la visite pourrait dévorer beaucoup de temps, d'autant plus qu'il était impossible de prendre un rendez-vous avec le bureau. Mais, heureusement, elles avaient tort.

La gare, les rues de SF, le bâtiment où le bureau se trouve, le contrôle de securité, l'ascenceur, et finalement, le couloir qui mène au bureau. C'était une marche bien déterminée, une marche que j'ai faite plusieurs fois auparavant. La détermination, guidée par la capacité de pouvoir enfin agir, de suivre un véritable « SOP » mental, de résoudre le problème, a fourni l'énergie furieuse pour que je fasse et complète cette longue marche.

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Parfois, il me faut des semaines (des semaines où le niveau minimum de stress est bien élevé qu'à l'habitude) pour résoudre un problème. Parfois, si j'ai de la chance, ça prend quelques jours. Si j'ai vraiment de la chance, ça pourrait prendre moins de 24 heures. Aujourd'hui, j'ai vraiment eu de la chance.

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Le cœur considérablement allégé, je suis resté à SF un moment, en faisant une petite promenade le long de l'Embarcadero. Une promenade sans but, qui s'est fait pour rien d'autre raison que savourer la ville de San Francisco sans inquiétude, sans stress, sans rien du tout. Ça m'avait l'air très très agréable. C'est ce que j'ai mérité. L'été, le ciel bleu et clair, le soleil magnifique, les gens, résidents ou visiteurs : tout simplement le charme de la ville. Moi, j'aime bien SF, c'est une ville tout à fait jolie, une ville qui a une atmosphère très différente que celle des autres grandes villes.

J'imaginais qu'il y a sans doute ceux qui étaient mécontents, malgré qu'ils soient en vacances, malgré qu'il fasse beau. Ben, je sais pas ... les longues queues devant les restaurants où ils avaient vraiment envie de déjeuner, la fatigue après une très longue promenade, les petits qui commençaient à s'ennuyer ...

Mais, pour moi, aucun de ceux-ci me troublait aujourd'hui. J'étais seulement un autre inconnu de plus dans une mer de gens, qui ne troublait personne, qui ne voulait que se promener lentement, qui ne voulait que goûter le charme de cette ville en été, qui pouvait enfin, apès une période brève mais néanmoins troublante, être calme, soulagé, en paix avec soi-même et tout autour de lui.

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Papa et maman avaient raison : il faut pas s'inquiéter trop, il faut pas en penser trop. Il y a toujours une solution. L'important c'est d'avoir la patience de la trouver.

L, je suis fatigué. Après un tel de tourbillon, même si ça a été bref, je suis très fatigué. C'est les diables de la vie adulte, ils sont comme ça ; ils aiment saper le corps de son énergie.

Pourtant, je m'estime très chanceux d'avoir être simplement fatigué, et rien de plus.



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Thursday, June 15, 2017

N°16 : Discours décousu en milieu de la semaine

Chère L,

Sabrina est partie, il y a à peine quelques jours, au Guatemala, pour un mois entier. 

Du coups les petites conversations entre les pauses semblent avoir énormément diminuées. Je trouve ça curieux qu'un petit groupe qui s'est formé d'une façon organique pourrait perdre sa cohésion aussi facilement et naturellement avec le départ d'un membre. J'imagine que ça arrive toujours aux groupes formés seulement par un besoin primordial d'avoir des conversations et rien d'autre. C'est comme si ce type de « groupes conversationnels » nécessite un certain nombres de personnes pour se stabiliser, car la force de cohésion dépend d'une certaine mentalité de troupeau afin de maintenir l'écoulement d'une conversation, surtout entre des gens qui sont pas très très proches ; sinon, les groupes se désintègrent tout rapidement. 

Comment je sais si c'est vraiment ce qui arrive ? En fait, moi, je sais pas. C'est pas de la science. Personne ne l'a encore vérifié, ou devrais-je dire, je ne l'ai pas encore vérifié. Et franchement, je m'en donne pas la peine. 

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Eh bon ... elle est partie au Guatemala et elle y fera de la recherche sur le terrain. Moi, je suis un peu jaloux. On fasait semblent de s'en ficher, en disant, pas sans sarcasme, « Alors, profite bien la chaleur et l'humidité ! » ou bien « Amuse-toi bien avec les insectes sanguinaires ! ».

Mais, on se moque de qui ? Moi, je suis un peu jaloux. Au fond elle va aux tropiques, elle fera de la recherche sur le terrain. Rien ne vaut les travaux en plein nature : le soleil et le vent, l'eau et l'étoile, le ciel et le paysage, le vert et le brun, le bleu et le gris, le blanc et le rouge ...

En fait je dois savoir, car je l'ai déjà fait, de nombreuses fois au cours des derniers 12 mois. Notions romantiques mise à part, il y a quelque chose d'attirant dans les randonnées sauvages sur des pistes avec des jumelles en écoutant les chants d'oiseaux, ou les recherches des endroits appropriés où on peut installer les petits pièges pour les petits rongeurs.

Quand même, les voyages sont souvent très gênant, surtout les voyages internationaux. Je n'ai pas ni un voiture, ni un permis de conduire (en Californie). Je manque de l'argent, et l'aptitude de conduire sur le côté droit. Ce qui me reste, c'est mon portable, et quelques amis qui vont sans doute dire « oui » à la suggestion pour un bon weekend avec une bonne observation des oiseaux. Moi, je crois que je suis assuré.

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Il y a encore tante d'endroits à visiter. Madagascar, l'Amazone, le parc national du Kakadu, le Sikhote-Aline ... ils font partie mon « top 10 ». Et c'est excellent quand on appartient à un cercle dont les membres approvent avec enthousiaste cette liste.

Et un jour j'irais - sans doute que j'irais - à l'île de Bornéo. C'est trop ironique de n'y jamais avoir allé. C'est comment je promeus mon pays aux gens : Ah dites-moi quelque chose sur votre pays. Mais oui ! L'île de Bornéo, les tropiques, la biodiversité, la richesse immense d'espèces - c'est parmi les plus riches du monde ! Eh pourtant ... j'y ai jamais allé ...

L, un jour, j'irais. Ça aura lieu. Les tropiques sauvages m'attendent toujours.


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Tuesday, June 13, 2017

N°15 : Tout se passe toujours bien, ou N°280

Chère L,

Au début des vacances d'été j'ai pris une décision de me donner quatre jours de repos, pour absolument ne rien faire. C'est juste comme au bon vieux temps, à l'époque de l'école primaire (eh ben, ça fait vraiment bien longtemps ... c'est déjà plus d'une décenne !).

Comme je t'avais dit, au départ de l'année, je me disais, grace à une grande absence de bon sens, que je pouvais gérer bien un semestre avec 5 cours et 22 heures-crédits. « Je peux y arriver ! » je me suis dit, et puis cinq mois plus tard je suis sorti, effectivement fatigué et ébouriffé, de cette longue traverse pénible et laborieuse. Je ne peux pas m'empêcher de rire en y pensant. Je ris de mon idiotie, mais je ris aussi parce que je peux enfin s'éloigner (temporairement) des folies et me mettre à me détendre bien. Effectivement, je suis passé quatre jours à absolument ne rien faire. En fait, le repos s'est déroulé trop pleinement, rien ne s'est passé du tout, et maintenant je me souviens absolument pas de ce que je faisait pendant ces 4 jours.

Ensuite la décision est prise assez facilement et naturellement : il faut pas être indolent ; il faut de faire preuve d'un peu de discipline dans le travail au labo et au musée.

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En fait il y a rien du mal à l'indolence et la paresse pendant les vacances, avec modération, d'une manière responsable. Il faut être gentil envers soi-même. Si on a besoin de repos, soyons un peu indolent, c'est pas un crime.

Toutefois ça devient un problème lorsque les vacances s'approchent de la fin. Il est dur de devoir lâcher cette indolence à ne se soucier de rien, après l'avoir tenue si longtemps. Il est dur de devoir essuyer cette déception. Ça m'ennuie, cette déception de perdre une sorte de liberté. Ça n'entraîne pas vraiment de grand chagrin, mais quand même, ça m'ennuie. C'est juste comme les instances quand j'étais de retour à la patrie, pour voir la famille. Chaque fois que je devais repartir aux EU, je ressentais le même ennui ; c'était pas comme la souffrance de la première séparation, mais il me restait toujours un peu de tristesse, aussi un peu de regret : on regrettait, c'est toujours ce qu'on fait ; on regrettait tout ce qu'on avait envie de faire, mais qu'on n'avait pas fait, et qu'on a aucune idée il faut attendre combien de temps avant de pouvoir le faire.

Ce regret persistant, ça m'ennuie. Moi, j'ai déjà beaucoup grandit, pour ainsi dire. Plus je grandis, plus je songe aux jours calmes, aux jours où on a moins de soucis. Plus je grandis, plus je prends la peine de trouver des moyens d'empêcher les ennuis. Franchement, c'est pas encore bien accompli : après tout, j'suis toujours dans la vingtaine. Mais du moins, j'suis déjà dans la vingtaine, je sais enfin que le regret qui suivrait, si on ne faisait pas quelque chose, pourrait être beaucoup plus violent que l'aise de ne pas le faire.

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Alors j'ai décidé de ne pas être indolent ou, devrais-je dire, de ne pas être indolent tous les jours. Ça, je l'ai déjà fait, être indolent tous les jours. C'est pas juste des mots en l'air ; les vacances précédentes j'ai bien démontré qu'il est tout à fait possible d'être indolent jour après jour. La télé, le portable et l'internet : la Sainte Trinité pour ne faire rien de sérieux - une indolence complète, une paresse totale et, en rétrospective, un gaspillage de temps regrettable.

Alors, j'ai décidé de ne pas être indolent tous les jours : du lundi au vendredi, du matin à l'après-midi, à laboratoire du Musée de la Zoologie des Vertébrés, faire un petit peu de PCR, de l'extraction de l'ADN, de l'analyse des microsatellites. Alors que les machines sont en marche, je descends pour chercher des amis à la zone de conservation (je veux dire la conservation des spécimens) et bavarder un peu avec eux (à la zone de conservation, on sait jamais ce qu'on va entendre ; pour l'instant, on est tout d'accord que la conversation sur le luxembourgeois est l'une des meilleures) ; après 20, 30 minutes, je remonte pour contrôler l'état du procédé ; si ça a marché : un soupir de soulagement, un sourire de contentement et, parfois, une petite acclamation .

Après tout ça, je rentre : les 4 - 5 heures qui me restent, elles se servent à me tient indolent.

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Ça fait presque un mois que je commence ce mode de vie. J'avoue il est un peu machinal, mais au fond il est toujours assez gratifiant.

De plus, le temps semble s'écouler pas aussi vite qu'avant.

Une illusion ? Ouais c'est possible. Pourtant, est-ce que quelqu'un comprend vraiment le temps ? Depuis les temps les plus reculés, jusqu'à présent, le temps a rendu combien de personnes à la fois curieuses et confondues, à la fois méloncoliques et joyeuses ?

D'ailleurs, malgré l'illusion, je préfère croire que le temps s'écoule plus lentement plutôt que le poursuivre en plein tenance - car on l'atteint jamais. Au fond, la poursuite va aboutir à l'échec, et il nous restera à s'arrêter pour reprendre notre souffle. Une sensation désagréable en effet.

Ça fait déjà presque un mois. L'expérience a rendu peut-être les travaux plus fluide, les petites acclamations de « yes ! » est ainsi devenues un peu plus fréquentes.

Chaque jour, une petite portion de sentiment d'accomplissement : Sur la fenêtre du logiciel d'analyse, les grands pics qui signifient la réussite du procédé. Sur le tableur, les espaces vides se remplissent des valeurs d'allèles, de belles données ... Et sur le visage, un sourire satisfait ...

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Hélas ...

Le monde des adultes est toujours comme ça ; l'humeur est toujours dictée par les chiffres.






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Sunday, June 11, 2017

N°14 : Réflexion avant l'aube

Chère L,

NUTNARIN KHETWONG/ISTOCKPHOTO
Pourquoi on affectionne le café ? Évidemment on est de jeunes adultes, des universitaires, au début de la vingtaine, qui souffrent jour après jour de la stress à cause d'une charge de travail importante, à l'école ou bien au lieu de travail, qui doivent souvent rester debout tard en essayant de finir les travaux, et puis doivent rester éveillés pour affronter une autre journée et toutes ses épreuves habituelles ... et ben, on sait déjà la réponse.

Alors, une meilleure question : pourquoi j'affectionne le café ? Il ne s'agit jamais, pour moi, de s'énergiser. Ouais, je te mens pas. D'abord, je crois pas en caféine pour obtenir l'énergie. Un horaire de sommeil régulier donne de bien meilleurs résultats. Et de plus, s'énergiser avec la caféine, ça marche jamais pour moi, pour une raison quelconque.

Je dis toujorus aux autres : Moi, j'aime bien le goût. Et ça, c'est apparemment une réponse tout raisonnable, alors on l'accepte volontiers, et puis on passe à autre chose.Pourtant c'est pas vrai exactement, certainement pas pour quelqu'un qui triche, en prenant régulièrement du café instantané.

Mon premier café, il y a je sais pas combien de temps, je m'en rappelle bien : maman m'a dit un jour, tu veux un café ? Je me souviens pas de la raison. Sans hésitation je lui ai répondu à elle, ouais, pourquoi pas ? J'avais onze, douze ans ? Je me souviens d'avoir été indifférent à cette première tasse, mais en fait j'ai pas détesté le goût. Mon deuxième café, c'était un café pris trop tard, du coups j'avais tellement du mal à s'endormir ce soir-là. Sil te plaît tiens en compte du fait que j'étais encore petit, et que j'ai effectivement commis une erreur très stupide.  Mais comme je l'ai mentionné, j'ai pas détesté le goût, donc je continuais à prendre le café, en veillant à ne pas le faire trop tard. Un habitude s'est bientôt établi. Un café le matin, ou l'après-midi, il est devenu quelque chose de normal ; même quelque chose de « cool », ce qui me donne effectivement un goût d'être adulte. Ça m'est arrivé tout simplement, et je l'ai maintenu depuis.

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Il y avait un moment où j'avais l'habitude de se lever très très tôt, à 4 ou 5 h du matin.

Alors qu'il faisait encore sombre, pas du tout différent du sombre de minuit, je commençais mon jour, avec une série d'actes machinals que j'en venais à faire sans en être conscient : chercher à tatons le portable, faire taire la sonnerie du réveil, se lever en gardant toujours les yeux fermés, se déplacer vers le bord du lit, placer les pieds sur le sol frais en marble, chercher à tatons encore une fois, mais pour la porte de la chambre. C'est une existence tout comme un chauve-souris : on se débarrasse de la dépendance sur la vision ; les yeux étaient bien ouverts, mais rien devant eux ne pouvait stimuler le cortex visuel. Ainsi, on se déplace dans l'espace bien comme avec un sixième sens mystérieux que personne ne peut jamais expliqué de manière satisfaisante. J'ouvrais la porte : le monde à l'extérieur restait toujours sombre ; alors il fallait que je cherche l'interrupteur d'éclairage dans le salon avec ce sens mystérieux, puis je l'allumais, pour permettre la lumière inonder le salon. Tout à coup, le monde s'éclarer ; je me transformais d'un chauve-souris en humain, un adolescent aux yeux chassieux.

Je me suis assis tout seul, dans mon fauteil vert favoris, dans le salon, dans le silence. La réflexion que j'ai aperçue à l'écran noir de la télé, me donnait un long regard fixe, comme si railler la solitude est sortie du néant. C'était peut-être l'effet du matin, de se lever avant l'aube.

Les papilles refroidies par la nuit désirait tout soudainement le goût de café. Mais on n'avait que du café instantané, embaillé sous-vide. Je savais bien où le trouver, car je l'avais cherché matin de la veille, et du jour avant ça, et du jour avant ça, et cetera et cetera.

Faut pas en trop boire ... de peur de devenir accro au café. Mais, on s'en fiche, je vais respecter le désir des papilles.

J'ai sorti un petit sachet, je l'ai déchiré, et j'y ai ajouté de l'eau chaude. Aussitôt, un café matinal s'est fait, en dégageant les vapeurs éthérées ainsi qu'une odeur familière. En tenant la tasse, en ressentant la temperature élevée sur les mains, j'ai eu l'impression d'avoir enfin trouvé à mon côté un autre être vivant pour m'accmpagner lors de ce moment de solitude ; je me suis donc calmé un peu.

Le café matinal, il est bien devenu un habitude. Sa présence tous les matins, fumant et acceuillant, me donnait une sorte de stabilité, de confort.

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J'ai pas tout de suite bu le café, lorsque je suis retourner m'asseoir, en le laissant sur la table. Il était encore trop chaud, j'avais peur de brûler la bouche ? C'est ainsi que je suis passé les minutes suivantes sans rien faire, en dévisageant ma petite tasse de café. Un moment de maladresse, tout comme une première rencontre avec un inconnu, sans savoir quoi dire. Alors je me suis resté en silence, en attendant que la chaleur réchauffe l'atmosphère gêlée par cette gêne d'une première rencontre.

Après quelques minutes j'ai enfin pris une petit gorgée. C'est encore un peu chaud, et ça m'a fait du mal. Je t'ai déjà dit pas trop vite ! ... Donc, arrête-toi un peu ... bon, vas-y, prends-en une autre. Quelle bonne sensation : c'était la joie de touchantes retrouvailles, après une telle séparation ; une détente ineffable ... Mais non, c'était la même sensation qu'hier, et qu'avant-hier, et que le jour avant ça.

Après une longue nuit, ce dont j'ai envie, c'est l'étreinte d'une boisson chaude, afin de réchauffer les entrailles paralysés par le froid et un sommeil isolé. La chaleur, c'est le besoin primitif d'un être à sang chaud. Du coups, j'acceuille un café, quel que soit le type, tant qu'il est chaud. Et le design élégant sur l'emballage pour promouvoir le produit dedans, pour inciter - et oserais-je dire : manipuler - les gens à l'acheter, à quoi ça sert, en fin de compte ?

J'ai fait une petite pause, en prenant une gorgée de plus. Non, ça sert vraiment à rien. Le charme véhiculé par le bel emballage était bien diminué par la rapidité auxquelles le café a été préparé.

Et là, assis sur le joli fouteil vert, j'étais troublé par cette confusion, tandis que le café se refroidissait. Quant aux sentiments affectifs ? Après une longue enfance, est-ce que ce dont on a envie, c'est une étreinte d'une tasse de sentiment ? Un sentiment affectif, fumant et acceuillant, c'est un besoin primitif d'un adolescent à sang chaud, sans doute dopé par les substances mystérieux qu'on l'appelle les hormones.

La belle odeur du café s'est dispersée, et la chaleur a perdu ses forces. Je me suis ressenti de la légère douleur sur la langue.

Je fronçais instinctivement les sourcils. Je me suis demandé , en regardant dans la tasse : c'est quoi que je prends ? Une question stupide ... du café, évidemment. Mais pourquoi ? Pourquoi je désirais tellement le café, en recherchant sa compagnie, chaque matin à 4 h avant l'aube, pour noyer la peine de solitude ?

J'avais pas de réponse acceptable.

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On dit qu'il faut goûter le café lentement, doucement, avec attention, en petite quantité, afin d'être prêt à accepter l'amertume au début, et puis la pénétrer, jusqu'à une arôme moelleuse à un niveau bien plus approfondi. Il faut de la patience, pour l'apprécier à sa juste valeur.

Il s'avère que j'ai jamais eu ni la patience ni le savoir pour cela. Et voilà le problème. En soumettant le café à la transformation, d'une machine et de l'on sait pas quoi d'autre, son essence a déjà bien disparu.

Ce qui nous reste, le goût, l'odeur, la chaleur, qu'ils soient authentiques ou non, ce sont seulement une façade après tout, qui égare ceux qui manquent de l'intélligence de ne pas se faire emprisonnés dans une vanité illusoire. Moi, je me suis contenté d'un café instantané, car malheureusement c'était exactement ce qui m'a attiré en premier lieu.

Le café s'est refroidit encore plus. Vas-y, prends quelques gorgées, laisse le parfum doux libre. laisse-le se répandre dans les nez et dans la bouche.

J'avoue y prendre plaisir en secret : une jolie petite tasse chaleureuse de bouleversement émotionnel - instantané, rapide, facile, et trop sucré, dans lequel je pourrais me vautrer, dans l'intimité du salon aux petites heures sur le joli fauteuil vert. Je me suis effectivement laissé entraîner par la frénésie, en étant ébloui par une superficialité profonde de quelque chose que j'ai pas bien comprise, ou pier encore, que j'ai tout à fait mal comprise. Je m'y suis plongé volontiers, plutôt que de faire face à ce qui est plus profond, plus incertain, plus mystérieux, mais, au fond, plus réel.

Et donc, pourquoi j'en ai eu tellement désir ? Pourquoi je l'ai tellement exigé, tous les jours, jusqu'à ce que je me suis rendu fou ? Sous l'influence de la caféine, ce monologue, et ses enquêtes innocentes, se sont transformés en interrogatoire sarcastique.

Je me suis senti comme si avoir reçu une gifle.

Il s'agit pas simplement d'appaiser le besoin primitif, quand on parle de la vie affective. Il s'agit jamais seulement de l'envie, car c'est ce qui nous rend aveugles, qui nous fait abandonner la raison, qui nous fait nous cacher sous une prétention artificiellement sucrée. Souvent on perd ses sens, et on brûle la langue, aussi les lèvres, quand on boit trop vite, sans réfléchir bien. 

Mais bien sûr, c'était plus facile de masquer l'ineptie affective derrière cette façade. 

J'ai déposé la tasse. La chaleur s'est déjà dissipée, ainsi que son effet anesthésique. Je n'ai plus pu m'en mettre à la température élevée déguiser l'état d'esprit froid. 

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L, pourquoi j'affectionne le café ? J'ai pas vraiment de bonne réponse. 


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Wednesday, June 7, 2017

N°13 : Dans l'intervalle, j'ai dû grandir (II)

Chère L,

Juin, c'est le mois tranquille. C'est toujours comme ça depuis que je peux m'en souvenir.

Il s'agit des vacances, de la fin de la première moitié de l'année, de la mi-temps du long voyage à travers de l'année. Il s'agit aussi de l'été, mais ça n'avait jamais été ce qu'on attend chez moi. C'est jamais notre truc, comme tu le sais. Quand même, c'est le mois tranquille, où le soleil brille (eh ben chez moi le soleil brille - souvent férocement - tous les jours ...), le ciel bleu s'éclaire, la chaleur envahit l'esprit, tout comme la paresse, et puis, le monde se ralentit et se met à rien faire.

C'est ce qu'on mérite, n'est-ce pas ? Après avoir traverser un long semestre, faut qu'on laisse les complexes et ne se préoccupe que des simples.

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Il est drôle que même si j'avais parfaitement le droit de ne rien faire ... imagine, des heures pour ne rien faire, la paresse à savourer sans culpabilité ... même si je disposais enfin du temps libre, grâce aux vacances, je chercherais tout de même à m'occuper des travaux. Ce besoin de devoir faire quelque chose, de ne pas vouloir me détendre, il m'arrive assez souvent pendant les vacances. J'ai aucune idée quand il est devenu comme ça, mais voilà ...

J'ai effectivement pas envie de ne rien faire. Quand j'étais au lycée il s'agit surtout d'étudier et de faire les révisions pour les sujets que les profs n'avaient pas encore couverts. J'avais tant de peur, tant de paranoïa, de ne pas être prêt pour les examens (j'en ai encore, honnêtement). À un moment donné, ce motif d'étudier même aux vacances est devenu plus ou moins un réflexe. Étudier est devenu, de façon plutôt ironique, un moment de loisir. Je regrette rien, avec le recul, je regrette vraiment rien. Mais j'admets que j'aurais pu avoir de meilleures façon de m'amuser bien. Eh bien, bref ... c'est pourquoi je préferais continuer à étudier, alors que le reste du monde se repose pertinnement.

(Sur le site web de Pottermore, le Choixpeau m'a envoyé à Serdaigle. J'avoue être fier d'y appartenir. Un choix judicieux, tu penses pas ? Peut-être un peu trop judicieux ...)

Ben, ça, c'était le passé ; j'ai encore la même crainte bien sûr, mais heureusement dans une moindre mesure. J'ai quitté le lycée et le système.

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Aujourd'hui, cette agitation par ce desir de ne rien faire, c'est plutôt à cause des options, de l'indécision. Ça, c'est bien plus marqué quand on a grandit, quand on doit enfin quitter la maison pour vivre seul, et je le ressens presque chaque jour. On n'a que 24 heures par jour - dont un tiers est consacré au sommeil (toutefois du temps bien utilisé). Puis quand on a fait tout ce qu'il faut faire - se nourrir, se laver, des travaux par-ci par-là, il nous reste pas beaucoup de temps.

Franchement, il y a tant de livres à lire, tant de langues à apprendre, tant de miles à courir. Tant de choses que je pourrais enfin prendre le temps de déguster, d'apprécier lentement et pleinement (c'est-à-dire aussi, efficacement). Mais, par où commencer ? Moi, j'suis confronté par l'embarras du choix. À vrai dire, je veux pas ne rien faire, j'ai pas être paresseux. Il y a tant de choses à faire, tant de choses que je n'aurais jamais pu autrement faire. C'est effectivement difficile de décider.

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L, le temps dont on dispose est limité, après tout, et surtout pendant les vacances. Si on ne prend pas la bonne décision sur ce qu'on va faire, sans doute que c'est du temps perdu. Lire, s'entraîner, travailler au museum, c'est de trouver ce qui donne un sens à la vie. C'est de s'embarquer à la recherche de la connaissance. Et donc ... pourquoi ai-je tellement de peine à passer le temps pendant le vacances, pendant le beau mois de juin.

L, pourquoi je peux pas tout simplement me détendre avec le temps libre ? Après tout, j'avais pas pu le fait adéquatement, jour après jour, pendant le semestre.

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Monday, June 5, 2017

N°12 : Dans l'intervalle, j'ai dû grandir

Chère L,

Les chiffres sont parfois trompeurs. J'ai toujours l'impression que mes dernières années au lycée ne sont pas très loin du présent. Je commencerai ma dernière année de baccalauréat. Pourtant ça fait déjà 6 ans qu'on traverse 2011. 6, c'est pas un gros chiffre, mais quand même, 6 ans, c'est plus de 2.000 jours. Beaucoup de choses se sont produites pendant cette longue période. Ça fait peur, comment le temps passe si vite.

Je suis sentimental. Eh ben, je garde d'anciens billets de train pour des raisons sentimentales ... Alors pour moi, les petits morceaux que j'ai laissés dans ce petit blog il y a tant d'années sont des souvenirs précieux, malgré qu'ils soient souvent des plaintes adolescente. Ils témoignent un passé, ce que je trouve de plus en plus vagues, après plus de 2 mille jours ; soit parce que la mémoire devient de plus en plus remplie par des souvenirs jusqu'à ce qu'ils me laissent de plus en plus confondu, soit parce qu'ils sont quand même tout simplement des souvenirs adolescents, remuant à cause des hormones, qui se calmaient enfin après qu'on quitte l'adolescence. Ou peut-être que ces explications-ci sont tous les deux vrais. Franchement ça fait déjà 6 ou 7 ans. J'ai traversé quelques points de transition importants dans ma vie. 6 ou 7 ans se sont passés, j'ai dû grandir dans l'intervalle.

Ouais, les souvenirs du lycée sont, avec le recul, assez précieux : la préparation pour l'examen de fin d'études, le mécontentement envers le système éducatif, la conduite et, en fin de compte, la lutte quotidienne en tant qu'adolescent. C'est ce qui ont façonné le « moi » actuel.

Mais ils sont vagues, comme je me suis rendu compte. Je veux pas dire que je me souviens de rien. Je garde toujours les images très claires ; les petites histoires qui se sont passées, les scènes, les personnages impliqués, je les vois assez vivement dans l'esprit. Pourtant, bien que je les voie vivement, les images ne sont plus vives. Surtout quand je relis les entrées que j'ai écrites. Les images sont assez claires, mais les émotions qui s'y joinaient ne peuvent plus se réveiller.

C'est comme si c'était pas mes propres souvenirs. C'est comme si j'suis en train de regarder l'histoire de quelqu'un d'autre, quelqu'un qui est chargé d'émotions que maintenant je trouve difficile de croire avoir eues. Pourquoi c'est le cas ? J'ai pas d'explication en fait. La mémoire est l'un des choses le plus insondable et impénétrable qu'on ne comprendra pas probablement pendant encore bien longtemps.

Je suis tout de même content d'avoir laissé cette petite trace, tant qu'elle est gardée dans ce petit coin de l'internet. Elle témoigne un passé qui m'étonne de plus en plus avec sa existence. Elle témoigne presque une autre personne, que je trouve aujourd'hui fascinant, seulement parce qu'il était moi, même si j'ai presque oublié d'avoir été lui.

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Il y a précisément 6 ans, j'ai enfin commencé à reconnaître l'inutilité d'une relation pratiquement inexistente. J'étais pas prêt, pas du tout. En lisant ce que j'ai écrit à ce temps-là, en regardant ce qui me préoccupait à côté, ça m'étonne pas qu'elle finissait par s'affaiblir.

La beauté des problèmes adolescents, c'est qu'il faut pas trop de positifs pour leur rendre heureux. Une pièce, simple mais belle, suffirait toujours.

L, mon piano me manque tellement.

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Sunday, June 4, 2017

N°11 : Chantons

Chère L,

T'as envie de chanter ?

Si oui, prends ta guitare et ton ukulélé, et puis on y va !
Je te rencontre, juste devant le seuil de la première rencontre, là où tout à commencé, là où se produit le plus beau coucher de soleil. Je te trouverai là, au 33ème coucher de soleil, puis on s'enfuit. Et on va s'enfuir, à on sait pas où, mais là où on sera jamais dérangés, là où on dérange personne.
Une nuit d'été, passée sous les regards des étoiles, qui ont tellement durées, si longtemps que le temps s'arrête, en compagnie de notre solitude.

Et on va passer la nuit ensemble, en chantant à tue-tête.

Désolé, j'ai pas apporté mon piano, j'en ai pas un pour l'instant. En tout cas il est trop lourd, et on doit s'échapper vite. Quand on y est, on y est, alors s'il te plaît, fais de l'enchantement sur les cordes de guitare. On y est, alors fais quelques accords, s'il te plaît, il nous en faut pas trop ; on n'a qu'à écouter les notes dans la tête, pour trouver le bon rythme.
La nuit nous attendait. Donnons-la ce qu'elle a bien voulu.
On y va, on y va, laissons libre cours à la voix,
Laissons les paroles parcourrir librement autour de nous, sur les vagues de nos vraies passions, par lesquelles on va se laisser envahir.
Fermons les yeux, pour mieux goûter ce baptême de la musique. Les forts cris, pour personne et pour tous.

Laissons derrière nous les ennuis. Jettons-les dans la valise qu'on ne portera jamais. Arrêtons d'en penser, s'il te plaît, du moins pour cette nuit-ci.
On y est, après tout. On doit juste chanter.
On n'a que les chordes et la voix ; ça doit suffire pour nous cette nuit.
On n'a que les paroles, de la poésie, qui vont nous touchés comme rien ne l'a jamais fait auparavant ; ça doit suffire pour nous cette nuit.
On n'a que la compagnie de nous-même ; on n'a qu'à chanter, c'est tout ce dont on a besoin cette nuit ; chanter, ça doit suffire pour tous cette nuit.

Vraiment, on va vraiment passer la nuit ensemble, juste en compagnie de nous deux, en chantant à tue-tête. La passion va réchauffer nos cœurs, pour nous permettre de continuer à chanter, malgré la nuit. Les paroles et leur beauté vont nous bercer, à la fois doucement et fongeusement, jusqu'à ce que le beau sommeil puisse enfin tout engloutir à l'oubli.

L, où t'es ? Tu m'entends ?
T'as envie de chanter ?
Si oui, on y va.
Échappons-nous des folies dans lesquelles on s'est fait piéger longtemps.
Échappons-nous, même si c'est seulement pour une seule nuit.

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Saturday, June 3, 2017

N°10 : Les données y sont

Chère L,

Les choses se sont à nouveau bien passées, c'est-à-dire les résultats, les données ... les belles données ... du moins pour l'instant ... mais bon, j'ai obtenu les résultats que je m'attendais ; dans la science ce qu'on trouve au fond, le but le plus ultime fondamental, c'est des résultats, n'est-ce pas ?

J'ai pas pu m'empêcher de pousser un soupir de soulagement, après que le programme d'imagerie UV m'a juste donné un résultat positif, et puis j'ai rigolé ... pourquoi ai-je tellement stressé ? Les choses se produisent tous les jours au labo, à la fois bonnes et mauvaises. Mon mentor m'a dit après tout qu'il faut pas mettre trop d'émotions pour effectuer les trucs au labo ; c'est la science - elle est toujours comme ça, il m'a dit, les choses vont mal de temps en temps, il faut pouvoir accepter cela. Et au fond, ce que je faisais, c'est juste de la PCR - procédé pour les débutants par essence, qui se fait assez simplement et rapidement ; du coup c'est effectivement très excusable, même si c'est gâchée. Si ça arrive, on ne peut que réessayer, réessayer jusqu'à ce qu'on trouve une solution. Donc mon mentor, il avait raison - ça nuire de laisser les émotions dictées par les travaux.

Pourtant, cette fois-ci, tout s'est effectivement bien passé. Pour l'instant, je ne dois plus mettre trop d'émotions, même si j'en avais envie. Les résultats y sont, et je me sens bien.

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L, j'aimerais juste ne pas être trop perfectionniste. Crois-moi, je m'en fous de ce que les gens diraient autrement, on a surestimé la valeur du perfectionnisme. On dirait qu'on devient perfectionniste, c'est parce qu'on se soucie de donner le meilleur de soi-même. J'suis tout à fait d'accord, mais il existe aussi ceux qui se soucient trop. Et quand les soucis pour les détails, les difficultés, etc. etc. s'augmentent, ça devient une obsession, qui nous fait perdre de vue la situation ensemble, qui nous fait oublier de se poser la question : pourquoi tant de soucis pour commencer ? Si les choses ne vont pas, les obsédés deviennent malheureux, sans savoir pourquoi.

Et oui, je crois bien être ce type qui sait pas équilibrer les émotions à cet égard. Je m'inquiète beaucoup, je m'agite trop, à cause des petites choses qui vont pas. Ça nuit sans doute à l'esprit, d'être malheureux de cette façon. Mais quand même, c'est exactement ça, les petites choses, qui malgré leur « petitesse » ne sont pas souvent ni triviales ni insignifiantes. Ce sont les petites choses qui, par ironie, font les plus gros effets. De plus, il est beaucoup plus insoutenable et fâcheux, si les échecs ont été causé par les petites choses, par ne pas prêter assez d'attention aux petits détails. C'est peut-être pourquoi je me soucie tellement. Et bien, c'est pourquoi je soupire. C'est la vie, comme maman m'a déjà dit, les problèmes se produisent tout le temps, c'est inévitable. Plus, on est humain, alors on fait des erreurs de temps en temps, c'est inévitable. Il faut pas qu'on se fasse piéger dans une inquiétude constante, même s'il s'agit de résoudre des problèmes, de retrouver les succès, quel que soit le domaine.

Qu'on s'y méprend pas : je regrette rien. Je suis toujours content de pouvoir goûter en avance la joie et aussi les ennuis de la recherche scientifique. J'adore pas vraiment les travaux au labo, mais tout de même, je suis très content de pouvoir en tirer de petites leçons de la vie. C'est juste de me préparer pour l'avenir.

Et bon ... le weekend s'approche, et je dois me reposer. C'était une longue semaine.

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Wednesday, May 31, 2017

N°9 : Il faut les chérir tant qu'on peut

Chère L,

Quand on est loin de sa famille, sans pouvoir rentrer ni rapidement ni à bon marché, on ne peut pas s'empêcher de penser plus à eux tous les jours. Je parle pas d'avoir le mal du pays - quand on quitte le nid depuis des années, ce n'est en général plus un problème, puisqu'on s'y habitue après quelques temps. Plutôt, je parle du sentiment d'être aimé, qui se manifeste plus quand on est loin de la famille, que tous les jours on prend toujours un petit peu du temps pour réfléchir au fait qu'on a toujours la famille. Et on l'appelle aussi souvent que possible, car c'est ce qu'il faut. Bien sûr, c'est grâce à la technologie que je peux parler à ma famille tous les jours. Je peux pas imaginer comment ça irait si c'était il y a dix ou vingt ans. Maman m'a même dit un jour que chez nous il semblait que j'avais jamais quitté, puisque je les appelle tous les jours. C'est vrai ; je te mens pas.

Cela me touche beaucoup de savoir qu'il y a ceux qui m'aiment tellement, ceux qui sont toujours fiers de moi, ceux qui se soucient de moi, peu importe les circonstances. Franchement, on n'a qu'une famille ; il faut la chérir tant qu'on peut. Avoir une famille, c'est l'un des dons le plus importants de la vie.

Chez nous, je pense en général qu'on est pas une famille très expréssive, surtout de vive voix. Normalement, je trouve un peu difficile de dire, par exemple, « je vous aime » à eux. Plus difficile qu'il devrait l'être, ce qui est un peu bizarre, j'avoue. Bien sûr qu'on pourrait quand même être expréssif, mais on a tendance de sauvegarder les émotions pour les évènements extraordinare, comme par exemple quand je partais aux EU pour la première fois il y a 3 ans. À ce moment-là, évidemment, le sentiment de séparation a suscité en nous beaucoup d'émotions. Mais par ailleurs, on est pas très expréssive l'un envers l'autre.

L, je te dis tout ça, c'est parce qu'aujourd'hui c'est l'anniv de mon papa. C'est pour moi toujours un jour un peu drôle, car il est presque comme les autres, même si on devrait le trouver spécial. Aujourd'hui, sans doute qu'il s'élève tôt, puis il sort courir, puis il prend le petit-déjeuner, il revient, il se repose un peu, en bavardant un peu avec maman, ou il regarde la télé. Après ça il prend le déjeuner, avant de sortir pour le travail. Papa est homme assez pratique à cet égard. Je crois que c'est parce que son éducation, sans doute qui est façonnée par une période de pauvreté. Même à l'anniv, la vie continue effectivement tout comme d'habitude, car il nous reste toujours des choses plus importantes à s'en préoccuper.

Du coups, c'est comme si ça ne vaut pas la peine de dire quelque chose de particulièrement affective, car ça va semble un peu vide, quels que soit les mots. J'ai pas de bonnes explications. C'est peut-être une attitude orientale, qu'on ne laisse pas souvent libre cours aux émotions fortes, qu'on les garde assez proche au cœur. Ou bien, c'est peut-être parce qu'on trouve l'expressions d'affection franches peu importantes. Peut-être que toutes les expressions sont d'une manière inutile, si on ne fait pas d'action qui les justifie. Mieux démontrer l'amour par de petits actions jour après jour que par du langage fleuri.

Mais bien sûr que je l'ai déjà appelé, je l'ai déjà souhaité un bon anniv. Il m'a demandé, comme d'habitude, si je vais bien, si j'ai déjà mangé, si les travaux se sont bien passés. Et puis on s'est dit « à plus », et on s'est raccroché. Je trouvais encore difficile de lui dire quelque chose d'affectif. J'ai vraiment pas de bonne explication. Mais, l'important, c'est que je peux le téléfoner et parler avec lui. Je l'aime tout de même, comme j'aime le reste de ma famille, même si je n'ai pas de beaux mots.

Je sais jamais quoi donner aux parents comme cadeau. Rien ne semble jamais suffisant. Pourtant papa et maman m'ont déjà expliqué que, la chose le plus important qu'ils me demandent, c'est d'être heureux et en bonne santé. Et puisque j'suis tellement loin d'eux, il faut naturellement que je continue à leur téléfoner, aussi souvent que possible, afin de leur donner un sourire, de leur dire que je vais bien, de faire savoir à eux que je les tiens à cœur. C'est ce qu'il s'impose, je pense. Le reste, c'est secondaire. Alors, c'est ça que je dois faire.

L, on n'a qu'une famille. Il faut toujours la chérir bien

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Tuesday, May 30, 2017

N°8 : Agir, c'est le meilleur remède

Chère L,

Parfois, je pense qu'on est trop exigeant envers soi-même.

Et je m'en ressens toujours, même à ce stade de ma vie. Et bien, je dis pas qu'il est nécessaire qu'on ne soit plus exigeant envers soi au début de sa vingtaine. Il est toujours bon de se motiver vers un but, un objectif. Mais là je souligne le mot « trop ». Quand on fait trop de quelque chose, ça signifie que c'est déjà excessive, exagéré, au-delà de ce qui est suffisant.

Pourquoi on se demande trop ? J'ai pas d'explication. Mais ça arrive vraiment. Et ça arrive plus souvent que j'aimerais, ce sentiment, ce petit diable de l'esprit. On dirait que c'est du perfectionnisme. Je rajouterais peut-être que c'est du perfectionnisme pathologique. Même s'il y a seulement un petit recul, le petit diable va se mettre à se moquer de moi. Ce que je trouve pire, c'est que la voix que ce petit diable emploie se révèle toujours moins féroce que j'attends. En fait ça devient plus comme si me juger, en silence, et un peu déçue.  « T'aurais dû faire mieux » C'est ce qu'elle me dire si je gâche quelque chose, même si un petit peu.

Pourquoi je me demande trop ? J'avoue n'avoir aucune idée. Quand les choses ne se passent pas bien, il commence, le petit diable, à me juger. J'ai appris qu'en fait il ne vient qu'aux occasions où je gâche quelque chose auxquelle je m'intéresse bien. C'est pourquoi j'entends la voix qui me dit « t'aurais dû faire mieux ». C'est comme un sens de devoir de donner le maximum. Seul le maximum peut justifier et prouver mes vraies capabilités, sinon, on va me trouver inepte. Voilà cette l'idée intolérable qui renforce le vigueur de la voix du petit diable dans la tête.

Et enfin c'est nul. Pour la plupart il s'agit tout simplement de fausse bravade. Pour la plupart ça ne vaut pas la peine d'avoir du souci. Et donc j'ai tendence de garder le silence au sujet de ce petit diable, car on voudrait pas probablement l'entendre tous les jours. En plus, je sais pas si les autres pourraient m'aider même s'ils voulaient bien. Alors, parfois, mieux qu'on se tait et se met à agir. Agir, c'est le meilleur remède.

Je me demande si c'est mes antécédents. Une culture qui favorise une peur constante de l'échec ? L, je suppose que t'avais grandit dans un milieu assez différent que le mien. Ou bien pas. Je ne sais pas encore. Et je me demande si tu m'as compris sur ça. Je parle d'un monde où on trouve jamais la joie de l'apprentissage, mais par ironie tout le monde ne se mettre qu'à « l'apprentissage ». Je parle d'un monde où les examens se trouve au centre de l'objectif ultime des étudiants, ce n'est effectivement que le seul but de chacun ; mais quand on regarde au-delà des examens, souvent on trouve quand même les incertitudes. Quelles sont les aspirations ? Quels sont les rêves ? Quels sont les buts ultimes dans la vie ? Pour la plupart, ces questions n'avaient jamais aucune réponse. Y avait un temps où j'étais bien conscient d'être piégé au milieu de cette folie confuse, mais je n'avais pas de courage d'en sortir. Est-ce que j'ai acquis, désormais, la voix qui me dit de temps en temps : « t'aurais dû faire mieux » ?

L, je vais m'arrêter là, car je n'ai pas totalement envie d'y réfléchir plus, car y réfléchir, c'est seulement de gémir. Plutôt, j'ai envie d'écrire, à toi, car agir, c'est vraiment le meilleur remède. Les mots vont affaiblir les chagrins, comme d'habitude, j'en suis sûr.

En fait, j'ai envie d'une tasse de thé à la chamomile, et de son effet apaisant.

L, cela me donnera du beau sommeil, j'en suis sûr.

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喜好音乐却无法自行创造音乐,向往自由却将自己限制于机械般的城市生活,喜好出外蹦跳流汗却非杰出的运动员,对文学创作有一丝兴趣却没有一头丰裕的文字,天生感性却拥有略带不自然的理性。这是个普通的少年,一个还有很多事要懂、很多事还需要自己揭发的少年。